JEUNES MÈRES
Le mal de mères
Synopsis du film
Dans une maison maternelle de Belgique, Perla, Jessica, Ariane et Julie sont toutes quatre nouvelles mamans, pour la plupart mineures, avec ce défi dans leurs bras qui leur paraît immense : assumer leur rôle de mère…
Critique du film JEUNES MÈRES
Double Palme d'or pour "Rosetta" (1999) et "L'Enfant" (2005), les frères Dardenne sont de grands habitués de Cannes et c’est tout naturellement qu’on les retrouve en 2025 en sélection officielle avec leur nouveau bébé – si l’on peut dire – "Jeunes mères". En salles le même jour que sa présentation officielle sur la riviera cannoise, le dernier-né des Dardenne suit le destin d’adolescentes aux profils variés mais avec la même maternité précoce. Les réalisateurs sont aussi au scénario et ont pu s’appuyer sur leur propre vécu en visitant eux-mêmes ce type d’institution afin de dresser des portraits crédibles de filles et de femmes, jeunes mères et éducatrices, pour coller au plus près de la réalité. Un souci constant chez les Dardenne depuis "La Promesse", leur premier film sorti en 1996.
Le choix des histoires permet donc de diversifier les personnages et leurs enjeux. Perla s’est fourvoyée dans une relation avec un adolescent pensant pouvoir fonder une famille. Jessica reproduit le schéma maternel. Ariane a été piégée par sa mère toxique qui l’a empêchée d’avorter. Et Julie lutte contre la dépendance à la drogue. Un éventail de situations qui malheureusement deviendra un peu catalogue. N’aurait-il pas fallu limiter l’analyse à deux-trois récits pour permettre d’explorer plus en profondeur le mal-être de ces jeunes mamans, en perte de repères, parfois à l’instinct maternel absent, ce qui aurait par-dessus tout favorisé l’identification et démultiplié l’émotion du spectateur ?
Alors bien sûr, on est touché par ces filles qui en bavent au quotidien cherchant une porte de sortie heureuse, un avenir meilleur et dont le salut passe presque obligatoirement par un parent, une sœur, un compagnon. Le lien est primordial et il commence au centre d’accueil des jeunes mères, ces maisons dites « maternelles », véritable lieu d’apprentissage des gestes, enseignés par des éducatrices auxquelles on aurait aimé que les frères Dardenne réservent plus de place, voire un portrait à part, quitte à avoir autant de personnages ! Si l’écriture est à la fois riche et distante, la caméra sait se faire proche des protagonistes pour capter les peurs, les doutes, les émois, les douleurs mais aussi les instants de complicité mère-enfant.
"Jeunes mères" est dans la droite lignée du cinéma des frères Dardenne : un film social, à la dimension humaniste forte où l’espoir est permis. Leur mise en scène colle parfaitement à leur style reconnaissable : une caméra légère qui capture l’authenticité, sans fioriture. Les jeunes comédiennes respirent le naturel… offrant aux personnages une vive réalité de leurs forces et leurs faiblesses. Des mères larguées peut-être, mais des mères humaines.
Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur



