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J'Y CROIS ENCORE

Un film de Andrew Erwin et Jon Erwin

Une terrifiante absence de personnages

Jeremy quitte sa famille en Indiana pour se rendre à la fac en Californie. Alors qu’il aide sur un concert, il y fait la connaissance de Melissa, dont il tombe très vite sous le charme. Mais il réalise que celle-ci est déjà plus ou moins impliquée dans une relation avec le chanteur du groupe. Alors que Melissa tombe gravement malade, ce dernier prévient Jeremy, rentré dans sa famille pour Noël, afin qu’il revienne au plus vite auprès d’elle…

J'y crois encore film image

Tiré de la jeunesse de Jeremy Camp, chanteur et guitariste chrétien évangélique, cette romance à l’eau de rose, visant un public d’adolescentes croyantes ou en manque de repères, ou de parents en perpétuelle inquiétude, manque cruellement de fond et de caractère. Voulant surfer sur le succès de "Nos étoiles contraires", autre film mettant en avant une lutte personnelle contre le cancer, le film n'en a ni le charme, ni la puissance émotionnelle.

Il faut dire que "J'y crois encore" sacrifie absolument tout à son message (ou devrait-on dire sa propagande ?) religieux, sans creuser aucun des personnages et en survolant la plupart des situations romantiques comme dramatiques. Les deux personnages principaux sont en effet de vraies coquilles vides. Il y a peu de magie dans leur rencontre (la scène du planétarium est à des années lumières de celle de "LA LA Land" dans l'observatoire...), expédiée dans ses aspects humains avec une facilité déconcertante. Tandis que le reste des moments relatés par la suite n’a pour but que de célébrer leur union sans faille malgré la maladie.

Et que dire du reste du casting ? L’inutilité totale de l'entourage et des familles, même dans la partie sur la maladie, montre le peu d’intérêt des scénaristes pour ce qui fait l’être humain. Si l’on ne doute pas que le courage de certains puissent servir de modèle et de source d’espérance à d’autres, le parti pris ici est des plus irritants. Et au final, malgré ses aspects esthétiques et la qualité de jeu de l'actrice principale (Britt Robertson, qui n’arrive cependant pas à la cheville de Shailene Woodley, la faute à un rôle proche du néant), donne avant tout envie de s’enfuir pour écouter du rock pur et dur… avec des paroles dignes de ce nom.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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