avec ou sans moustache

IO

Un film de Jonathan Helpert

Une fable écologique entre espoir et désespoir

Les humains on tellement pollué leur planète qu’ils n’avaient plus qu’un seul choix : la quitter. Établissant une colonie provisoire sur Io, une lune de Jupiter, l’humanité espère trouver ensuite des exoplanètes habitables. Une jeune femme, Sam Walden, fait partie des derniers à survivre sur Terre et tente de mettre en œuvre les théories de son père, un scientifique convaincu que la nature peut s’adapter aux nouvelles conditions…

Io film image

Sortie le 18 janvier 2019 sur Netflix

La solitude de Sam, dans son « enclave » technologiquement et scientifiquement suréquipée, fait rapidement penser à "Seul sur Mars" – et cette impression est amplifiée par une scène de tempête qui ravage ses serres. Cette sensation de déjà-vu est compensée par la transposition de ce survival spatial sur notre propre planète, donnant forcément une autre signification plus écologique et plus inquiétante à ce scénario post-apocalyptique qui ne semble pas, a priori, apporter quoi que ce soit de bien nouveau.

Pour son deuxième long métrage après "House of Time", le Français Jonathan Helpert choisit une forme mélancolique et un rythme lent, évacuant toute tentation d’action inutile au profit de la réflexion et de l’introspection. Si cela pourra évidemment s’avérer ennuyeux pour certains fans de science-fiction musclée, d’autres s’en contenteront et se féliciteront même de ne pas avoir droit à certaines séquences stéréotypées telles qu’une mise en danger inconsidérée d’un protagoniste ou une catastrophe stressante mais gratuite.

Helpert est moins intéressé par le spectaculaire que par le métaphysique. Dit comme cela, ça peut paraître pompeux. Mais dans les faits, il ne tombe pas non plus dans le film philosophico-conceptuel. S’il parsème son film de références mythologiques ou d’un clin d’œil à "Walden ou la Vie dans les bois" (récit écologiste de Henry David Thoreau), c’est à la fois pour donner plus de profondeur à son héroïne et pour insister sur les risques de disparition de l’humanité par sa propre faute.

C’est surtout en oscillant constamment entre espoir et désespoir que le scénario ménage un peu de suspense, nous laissant surtout cogiter sur les responsabilités humaines et sur le constat que la planète pourra aisément survivre à notre disparition. Au final, "Io" semble nous dire que la vrai foi réside dans la nature.

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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