IN A VIOLENT NATURE
La ballade de Johnny Be Good
Synopsis du film
Johnny est un serial killer enterré six pieds sous terre, profitant de son repos éternel. Mais lorsque quelqu’un vole le médaillon de ses parents chéris, le repos de Johnny prend fin. Il sort alors de sa tombe et part à la recherche de l’auteur du méfait…
Critique du film IN A VIOLENT NATURE
On ne va pas le nier, l’attente était grande autour du film de Chris Nash. Déjà parce que le bonhomme est un passionné d’effets spéciaux pratiques et l’a déjà prouvé avec deux précédents travaux dans lesquels il a collaboré ("ABC’s of death 2" et "The Void"), mais aussi parce que le genre du slasher est toujours une promesse d’un bon moment régressif et gore. Nous ne sommes jamais non plus en mal d’un nouveau Boogeyman prêt à nous terrifier comme avaient pu le faire Jason, Freddy ou encore plus récemment Art le clown dans la saga "Terrifier". Et le film commence bien, en laissant son élément narratif de départ en hors champs (le vol du collier) et se concentre sur la résurrection lente et laborieuse de ce pauvre Johnny.
C’est d'ailleurs le gros point fort du film d’avoir choisi le point de vue du monstre plutôt que celui de l’énième bande de jeunes stéréotypés et gonflés aux hormones. Et même si le procédé se voit agrémenté d’un cadrage intéressant (souvent filmé de dos ou en insert sur des parties précises du corps), il en devient malheureusement à la longue épuisant, la faute à un manque cruel de budget et de générosité. Là où "The Void" de Jeremy Gillespie et Steven Kostanski partait avec le mec postal de production (script timbre poste et budget restreint) le film poussait les potards à fond avec ses galeries de monstres, ses actions déjantées et son final sous LSD. C’est ici ce qui manque cruellement à un film qui veut détourner les codes d’un genre sur-codifié pour finalement tomber en plein dedans, le fun en moins.
Évidemment que les 30 premières minutes hypnotisent, avec cette caméra qui suit Johnny marchant droit vers son but et la première mise à mort, qui risque de vous retourner littéralement et augure du meilleur pour la suite. Hélas les moments où Johnny passe à l’action sont assez rares et même si leur brutalité reste plaisante, soutenue par un découpage sec et chirurgical, jamais aucun d’entre eux ne retrouvera la puissance du premier, le tout finissant de façon assez sage. Là où le bât blesse c’est aussi sur son final qui abandonne le parti pris établi jusque-là pour se focaliser sur la final girl (élément essentiel et cliché au possible des slasher movie). Le problème c’est que le spectateur n’en a que faire de suivre avec la même lenteur un personnage qui jusqu’à présent ne nous intéressait pas. Compliqué alors pour nous de tenir à une coquille vide avec comme comble d’essayer de nous vendre une réflexion sur la violence innée dans la nature en général, avec ce dialogue de fin dans une voiture en compagnie d’une dame qui l’a secourue.
En plus de tomber dans le piège fainéant (mais dû aux contraintes budgétaires probablement) du simple champ contre champs, le dialogue sent trop le forçage de la part d’un film qui n’en avait clairement pas besoin. Le cinéaste choisit d’étirer son concept le plus possible, quitte à ennuyer voire paraître pompeux. On voulait juste suivre Johnny trucider du monde dans un camp de vacances entier. On se contentera de quelques meurtres et d’une théorisation sur la violence naturelle qui habite les êtres, avant de se rendre compte de la vacuité à vouloir donner un fond à un film qui aurait dû rester sauvage et mutique. La révolution ça sera pour une prochaine fois.
Germain BrévotEnvoyer un message au rédacteurBANDE ANNONCE
COMMENTAIRES
EVETS
jeudi 3 avril - 1h05
Total d'accord avec la critique. Le changement de point de vue (point de vue du tueur) d'un mauvais slasher ne le transforme pas en bon slasher. Hormis une mise à mort originale, le film est plutot chiant (même si oui y a une ambiance). La fin est effectivement pompeuse à souhait... et au final sans interet. Et dire qu'ils vont en faire un numero 2
