Bagniere comedies_confinement-04

HOWLING VILLAGE

Un film de Takashi Shimizu

Une bonne ambiance, qui aurait mérité une histoire moins confuse

Beaucoup de légendes circulent autours du village d’Inunaki, de l’autre côté du tunnel. Mais ce village n’apparaît sur aucune carte…

Howling Village film image

Takashi Shimizu, essentiellement connu pour sa saga horrifique "Ju-on" ("The grudge" chez nous), abandonne cette dernière mais pas le genre de l’horreur et revient avec "Howling Village", un film qui, comme son titre l’indique, a pour toile de fond tout un lot de mystères concernant un village oublié.

Et c’est bien là le problème principal du film, il y a beaucoup trop de choses tournant autour de ce village. Si le démarrage se fait sur les chapeaux de roues avec un premier tiers particulièrement prenant, qui instaure une ambiance assez folle, le second tiers, lui, délaisse ce côté angoissant et vire à l’enquête paranormale, mais devient beaucoup trop confus malgré une succession d’expositions et de révélations. On accumule successivement des histoires de malédiction, de fantôme, de loup-garou, de prémonition et de boucle plus ou moins temporelle. Tout cela rend cette seconde partie difficile à suivre, même si, grâce à plusieurs pirouettes scénaristiques bien conduites, tout cela arrive à se connecter au moment du climax et de la résolution. Ceci cependant au prix d’une possible lassitude de la part du spectateur, voire de décrochage, comme si le film avait un peu perdu de vue son objectif premier, avant un relent de dernière minute sur le dernier tiers de l’intrigue.

Cela dit, malgré une histoire qui tient la route mais est très alambiquée, Takashi Shimizu arrive à y instiller, grâce à sa mise en scène, une ambiance remarquable, sans trop verser dans le sensationnalisme. On retiendra surtout le travail sur les fantômes, avec leur aspect très aquarelles les rendant littéralement à moitié effacés, ainsi que la scène de noyade dans la cabine téléphonique. On notera également l’utilisation de pseudo images d’archive en 8mm mal entretenues, pour les flashbacks concernant le village, donnant ainsi une image volontairement sale faisant écho à la malédiction et à des coutumes considérées comme ignobles par les protagonistes.

Enfin, les acteurs sont tous très bons et arrivent à nous transmettre leurs émotions assez naturellement, pour peu qu’on ne soit pas trop étranger aux standards de jeu asiatiques. "Howling Village" est donc un film proposant une histoire assez capillotractée il est vrai, bien que tout se rejoigne encore une fois à la fin, mais qui pourra vous faire passer un bon moment de par l’ambiance qu’arrive à y injecter Takashi Shimizu, démontrant encore une fois son talent de metteur en scène plus que de scénariste, talent récompensé par le prix du jury au Festival de Gérardmer 2020.

Ray LamajEnvoyer un message au rédacteur

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