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HOPE

Un film de Na Hong-jin

Un plaisir complet et absolu

Synopsis du film

Alors que toutes les communications sont coupées et les secours ne semblant pas arriver, les habitants du village d’Hope vont devoir se défendre tout seuls. Les dégâts sont colossaux, les victimes nombreuses. Mais contre quoi se battent-ils ?…

Critique du film HOPE

Mine de rien, cela faisait une décennie qu’on n’avait pas eu de nouvelles de Na Hong-jin, depuis le très remarqué "The Strangers". Forcément, il y avait une excitation palpable à le retrouver en compétition officielle de ce festival de Cannes 2026. Et dès les premières minutes, le métrage dénote diamétralement du reste de la sélection, offrant à la Croisette un moment assez rare, une expérience totalement foutraque et déjantée dont les sièges rouges du Grand Théâtre Lumière n’ont pas l’habitude, en dehors des séances de minuit d’habitude seuls lieux d’expression pour ces œuvres barrées.

La caméra nous dépose immédiatement au cœur de l’action, dans le village d’Hope, complètement dévasté, en ruines. Une bête semble avoir attaqué la ville. Mais pour faire des dégâts comme ça, on est clairement sur un gros spécimen. Les victimes se multiplient. Les habitants s’organisent. Peu importe leur âge ou leur profession, dans cette zone où les armes ne manquent pas, ils vont s’occuper eux-mêmes de leur défense face à cette menace qui ne dit pas son nom. Et la première partie du film, grande fresque survivaliste contre un monstre invisible est un pur chef d’œuvre, une succession de séquences jouissives, de ces travellings sur la route à l’arrivée d’une flic ô combien badass, mélange de Sarah Connor de "Terminator" et de Letty Ortiz de "Fast and Furious".

Une fois la créature apparue, ce blockbuster SF pourrait perdre en saveur, mais le résultat continuera de nous exciter, parce que le réalisateur a décidé d’exploser tous les curseurs, de déborder de générosité pour offrir toujours plus de spectaculaire et sanguinolent au public. C’est indéniablement trop long, mais il y a bien du génie dans cette surenchère, distillant des courses poursuites à couper le souffle et des scènes qu’on n’imaginait pas voir un jour sur grand écran (le récit extrêmement précis d’une diarrhée par exemple). Évidemment, le film ne se limite pas à ses prouesses visuelles, il est aussi porteur d’un message engagé, où le méchant n’est pas toujours celui qu’on croit, et le rappel qu’un héritage culturel et historique profond peut vous empêcher de regarder au bon endroit.

Dans cette fresque inclassable où l’on tire avant de parler, les enjeux ne nous sont précisés qu’à la toute fin, comme si par une ironie radicale, Na Hong-jin avait préféré nous montrer son équipe de bras cassés plutôt que ce qu’aurait dû être le métrage. Le fait qu’une suite ait déjà été annoncée annihile un peu la portée de son geste, mais le ressenti reste intact, celui d’avoir assisté à un grand divertissement total, où l’amusement guide l’objectif, et où l’on est gavé d’action jusqu’à l’indigestion. Certains pourront ressortir avec la nausée, d’autres pleinement rassasiés, mais il est sûr qu’"Hope" marquera les annales du Festival de Cannes, de par son audace et son inventivité. Sans jamais chercher à imiter les experts américains en la matière, Na Hong-jin construit sa propre mythologie, où dans une Corée du Sud encore traumatisée par les invasions étrangères, on se défend seul. « Shiba! », le film a réussi à être politique. Débridé, loufoque, excessif… Et intelligent donc !

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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