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LES HOMMES LIBRES

Un film de Ismaël Ferroukhi

Une bonne idée…mal exploitée

Paris pendant la deuxième guerre mondiale. Younes, un jeune algérien, est amené à espionner ce qu’il se passe à la grande Mosquée de Paris pour le compte de la police française. Là-bas, il rencontre Salim, un jeune chanteur algérien, talentueux mais juif. De leur amitié, va naître un nouveau combat : la protection des juifs par les musulmans…

À Paris, pendant la deuxième guerre mondiale, les arrestations de juifs n’en finissent plus. Dans « Les Hommes Libres », Ismael Ferroukhi aborde la question de l’occupation d’une façon différente, du point de vue des musulmans, chose relativement rare. Younes est un jeune algérien qui vit du marché noir. Un matin, il est arrêté par la police française et pour s’en sortir, il accepte d’espionner pour eux ce qu’il se passe à la grande Mosquée de Paris. La police suspecte le recteur d’aider les juifs en leur fournissant des faux papiers. Younes change de camp dès sa rencontre avec Salim, un jeune chanteur d’origine algérienne mais de religion juive…

Si l’on s’en tient au synopsis, on peut penser que ce film commence plutôt bien. Les juifs, les catholiques, les résistants français sous l’occupation, c’est du déjà vu, mais des musulmans, ou des algériens juifs, ça non ! C’est en tombant par hasard sur un article du Nouvel Observateur qu’Ismael Ferroukhi a décidé de poursuivre ses recherches pour rédiger son scénario.

Seulement voilà, faire un film sur la deuxième guerre mondiale, c’est s’attaquer à une montagne. Car en face, les belles réussites ne manquent pas : « La Vie est Belle », « La Liste de Schindler », « Le Pianiste »…. Et malheureusement pour son réalisateur, « on est très loin du col ». Très peu sont les moments où l’on arrive à toucher du doigt une émotion vraie et ressentie – excepté peut-être lors des chants de Salim - quant à l’action, elle est linéaire, si bien que la fin débarque sans qu’on y soit préparé. Le jeu des acteurs manque cruellement de crédibilité, le seul qui sort un peu du lot étant Tahar Rahim, (révélé par le film « Un Prophète »). La mise en scène, elle, est excessive : on a droit à une parade Walt Disney en guise de scène finale (la libération) ; bref tout ça sonne un peu faux.

On s’attendait finalement à mieux, car avec une idée originale, de bons acteurs, la recette aurait pu avoir plus de goût. Il manque un ingrédient et on se dit qu'on n’en reprendra pas.

Anne-Claire JaulinEnvoyer un message au rédacteur

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