HOKUM

Un film de Damian Mc Carthy

Hôtel pas conseillé pour film hautement recommandé

Synopsis du film

Un romancier se retire dans une auberge irlandaise où ses parents s’étaient rendus pour leur lune de miel afin d’y disperser leurs cendres. Mais rapidement, les récits autour d’une sorcière ancestrale vont venir perturber son séjour…

Critique du film HOKUM

Si ses deux premiers longs métrages, "Caveat" et "Oddity", n’ont pas eu le droit à une sortie dans les salles obscures, Damian McCarthy n’en a pas moins fait parler de lui, suscitant un vrai attrait dans les festivals spécialisés, où les aficionados du genre horrifique louent l’inventivité de ses concepts. "Hokum" s’inscrit pleinement dans cette veine, celle d’un cinéma de genre qui ne cherche pas à multiplier les effets, qui ose les silences et les temps morts, où le fantastique est aussi bien psychologique que glaçant. Reprenant des thèmes qui constituent désormais sa patte (des objets insolites, la psyché des protagonistes projetée sur un lieu, des architectures biscornues et claustro), le réalisateur s’intéresse cette fois au parcours d’un romancier pas vraiment sympathique (voire même complètement méprisant) se rendant en Irlande. Plus précisément, dans l’auberge où ses parents avaient passé leur lune de miel, afin de leur rendre un dernier hommage et d’y disperser leurs cendres.

Récit de rédemption et de deuil, "Hokum" impressionne par son ambiance, son atmosphère onirique bizarroïde qui plonge immédiatement le spectateur dans un cauchemar s’écartant des autres productions contemporaines. Ici, pas de grandiloquent ou de surenchères sanguinolentes, les mouvements de caméra sont limités, les situations, simples, mais la maîtrise est totale, offrant une expérience saisissante et effrayante. Préférant suggérer plutôt que montrer, le film est un labyrinthe des terreurs où une cave succède à un autre sous-sol, où les portes condamnées cachent autant les démons intérieurs que les monstruosités du folklore local. Si malheureusement le métrage a un peu tendance à se perdre dans un trop plein de sous-intrigues narratives et de figures iconiques (fantômes, sorcières, chasseurs et même des lapins), cela n’altère en rien le trip halluciné dont les thématiques dépassent largement le cadre habituel de l’horreur. Une œuvre qui a parfaitement digéré ses modèles pour réinventer une grammaire cinématographique, on en redemande !

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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