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HOBO WITH A SHOTGUN

Un film de Jason Eisener

Social Grindhouse

Dans une ville terrorisée par l’impitoyable Drake et ses fils, un clochard va faire régner la justice à coups de fusil à pompe...

Sortie en DVD et Blu-ray le 5 octobre 2011

Lors de la sortie du dyptique Grindhouse « Planet Terror » / « Boulevard de la mort », Robert Rodriguez organisa un concours de fausses bandes-annonces, remporté par Jason Eisener avec le teaser de « Hobo with a Shotgun ». Le cinéaste transforme aujourd’hui l’essai avec un film qui reste foncièrement Grindhouse dans l’esprit (du sang, du nawak, encore plus de sang et encore plus de nawak), mais avec un véritable supplément d’âme. Le film est à ce point excessif, violent et frondeur qu’il dépasse son statut de série B foireuse haut la main.

Pamphlet rageur et exubérant, Hobo peut être pris comme une vision cartoonesque de notre société : on décapite comme on insulte, la prostitution devient un petit boulot comme un autre, et on bouffe du verre pilé pour un peu de fric. Si on rit beaucoup (punchlines de rigueur), l’accumulation de sang et de tripes finit par créer un malaise à la mesure du propos : Hobo met le doigt là où ça fait mal, avec une énergie assez folle et un réel sens de la narration. La progression de notre clodo, son héroïsation teintée d’ironie (le peuple le célèbre selon que ça l’arrange ou non), et sa filiation avec une pute, entraînent le film dans les sphères du conte chtarbé, irrévérencieux et politiquement incorrect. Du Monty Python sous LSD, qui n’est pas sans rappeler le « Enfermé Dehors » de Dupontel, l’ultraviolence en plus.

Porté par un Rutger Hauer fidèle à sa légende, charismatique comme nul autre, Hobo remplit son contrat de film d’exploitation sauvage, en y ajoutant un œil social pertinent et dérangeant. L’ensemble tient beaucoup du Vigilante-movie, vision dégénérée d’un inspecteur Harry qui aurait troqué son magnum pour un fusil à pompe et son costume pour des fripes de SDF. Un appel aux armes sans foi ni loi, brocardant les règles cinématographiques pour réussir, toutes proportions gardées, ce qu’avaient entrepris les polémiques « Tueurs Nés » et « Orange Mécanique » : une surenchère de violence qui dégoûte de celle-ci… tout en montrant qu’il s’agit parfois du dernier recours possible pour survivre dans un monde devenu fou. Vous avez dit subversif ?

Thomas BourgeoisEnvoyer un message au rédacteur

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