avec ou sans moustache

L'HISTOIRE DU CHAMEAU QUI PLEURE

Un bel et émouvant docu-fiction, plein de poésie

Désert de Mongolie: les camelles d'un troupeau mettent leurs petits au monde. Mais l'une d'elle délaisse le sien, refusant de le nourrir. Suivant la tradition, les nomades font appel à un violoniste pour émouvoir la camelle afin qu'elle accepte de nouveau son bébé...

Le titre en dit long sur le ton du film : il s'agit presque d'un conte pour petits et grands, une histoire éternelle qui semble sortir du fond des âges et qui a le potentiel d'émerveiller des générations d'yeux et oreilles sensibles ! Associée avec Luigi Falorni, la Mongole Byambasuren Davaa signe une œuvre de fin d'école (celle de cinéma de Munich) d'un très haut niveau en nous emportant dans ses bagages vers son pays d'origine.

Bien sûr, on pourra dire que la réalisation est classique et qu'elle se situe dans la tradition des Nanouk et autres Chang, dans la mesure où Davaa et Falorni procèdent de la même manière que Flaherty et autres Cooper et Schoedsack : s'imprégner de la vie réelle et la remettre en scène avec ses plus ou moins vrais protagonistes. La méthode a fait son chemin et ses preuves et elle trouve ici une nouvelle réussite. Si les réalisateurs utilisent en partie la mise en scène, la chamelle repousse réellement sa progéniture. Il s'agit effectivement avant tout d'un documentaire et on ne peut enlever au film son degré de réalisme et de vérité malgré ses aspects fictionnels.

Cinéma contemplatif, paysages désertiques fabuleusement filmés, personnages semi-fictionnels attachants, séquences à la poésie envoûtante… Tels sont les ingrédients de cette sauce qui prend alors très facilement dans le cœur des spectateurs qui se laissent emporter dans cet épanouissant voyage. Les pseudo-anachronismes et la discrète naïveté de certaines mises en scène ne font que rajouter un brin d'innocence purement humaine qui nous guide jusqu'aux larmes de la camelle, bel et bien réelles comme l'est cette intrigante tradition. Une histoire à faire pleurer quelques yeux de spectateurs…

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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