HARVEST
Une parabole assez indigeste sur le capitalisme et la mondialisation
Synopsis du film
Walter Thirsk vit paisiblement, avec d’autres paysans, dans un village reculé, à deux jours à cheval ou 3 jours en chariot de la moindre ville où se déroule un marché. La récolte touche à sa fin, lorsque la grange et le colombier du maître des lieux, Charles Kent, brûle. Dans la nuit arrivent deux hommes, dont l’un est chargé de cartographier les environs…
Critique du film HARVEST
Découvert l'an dernier en compétition au Festival de Venise, "Harvest" est une sorte de conte sur la perte d'innocence et l'évolution vers le capitalisme, avec l'arrivée dans une société agraire éloignée (on y récolte à la faux, on y tond des moutons noirs...) du cousin du maître des lieux, Master Kent, bien décidé à rendre le village rentable et à exploiter la main d’œuvre locale, peu importe ses conditions de vie. Le film nous plonge dans un premier temps dans un endroit aux apparences de jardin d'Eden, où Walter (dont la voix-off apparaît aussi ponctuellement), le personnage principal, se laisse vivre, entre contact avec la nature (il ramasse une limace, un papillon, mord l'écorce d'un arbre, se noie au milieu des hautes herbes...), avant que tout le village ne festoie, avec le maître des lieux, dont Walter s'est fait le complice, la veille de la dernière journée de récolte où traditionnellement les paysans gardent le fruit de leur labeur du jour, pour leurs familles.
Mais ce monde est sur le point de basculer, avec le mystérieux incendie de la grange, probablement criminel, l'arrivée d'un cartographe, censé représenter l’endroit en plan et nommer les différents lieux, avec le sort réservé à deux hommes (attachés) et une femme (rasée) alors qu'ils allaient traverser la rivière, et avec celle du cousin de Master Kent. Ce sont ainsi les questions de propriété du sol, de rentabilité de la production, d'exportation comme d’accaparement des biens, qui vont être évoquées, avec l'apparition de la violence et d'une supposée forme de justice. Si la photographie est superbe, l'insupportable cabotinage de l'acteur principal vient tout gâcher, tout comme certaines options de mise en scène : les réactions des uns et des autres en gros plans lors d'une des scènes clés où le personnage de Walter est maltraité, ou encore la vision des moutons avec filtres rouges... Restent quelques réflexions sur l'entrée de cet endroit dans un monde plus vaste, de cette « terre sans effort » (car relativement plate) que la cartographie même semble avoir privé de son relief paysager comme humain.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
