HAPPYEND

Un film de Neo Sora

Une comédie dramatique d’anticipation, aussi politique qu’efficace

Synopsis du film

Tokyo, dans un futur proche. Yuta et Kou sont deux amis inséparables qui font les 400 coups avec d’autres lycéens. S’incrustant en boite de nuit, bernant le gardien à leur retour grâce un enregistrement de chat, déposant une voiture à la verticale dans la cour, ils jouent avec le règlement et les dirigeants de leur lycée. Mais alors qu’un tremblement de terre fait tomber la voiture sur le toit, la direction de l’école décide d’installer un système de vidéo-surveillance aidé par IA. En même temps, le premier ministre, qui craint un séisme ravageur, passe un décret d’urgence, qui renforce notamment la présence policière dans la ville…

Critique du film HAPPYEND

En introduisant les personnages de deux lycéens, d’abord part d’un groupe de cinq, dont un coréen, par l’agitation jouissive qu’ils sèment, allant jusqu’à s’amuser à doubler à distance un proviseur qu’ils exècrent, Neo Sora va explorer les divergences d’attitude de chacun alors que la politique sécuritaire se renforce, annihilant liberté et inventivité. L’irruption de l’IA de surveillance, avec ses caméras partout dans le lycée et son écran géant, utilisant le « shaming » (en gros « pointage par la honte ») grâce à un bip stigmatisant une personne dont l’attitude ne convient pas (un sportif qui ramasse une cigarette puis la jète, un doigt d’honneur à une caméra…), est d’abord amusante, avant de devenir inquiétante (le système de points associé, l’exigence de dénonciation…).

Entre l’apparente soumission de l’un et le début de révolte de l’autre, c’est progressivement la division de l’ensemble du lycée autour du système de surveillance qui va envahir le scénario. Reflétant finalement la possible division de toute une société, soumise à l’entretien de la peur (ici en miroir de cette crainte d’un méga-tremblement de terre), "Happyend" contient suffisamment de détails pour paraître à la fois futuriste et s’ancrer dans une sensation de présent. Nul doute, le cinéma japonais d’anticipation, après "Plan 75" et "Happyend", n’a pas fini de faire parler de lui.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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