GUGU'S WORLD
Un garçon résolument libre
Synopsis du film
Gugu, bientôt 12 ans, vit avec sa grand mère, Dilma, alors que son père, chauffeur de camions citernes, remarié, attend un nouvel enfant. Entre football et danse, ses deux copines, et des garçons qui le provoquent à l’école, il vit dans une certaine insouciance. Jusqu’à ce que sa grand mère commence à oublier certaines choses…
Critique du film GUGU'S WORLD
Le monde de Gugu est rapidement introduit, avec une chambre grouillant d’objets et pour ce garçon de presque 12 ans, de grandes chaussettes jaunes et des chaussures bleues, mais aussi des tas de brillants. Alors qu’il trône en héros à la cape argentée sur la digue d’un lac artificiel (le réservoir de Araújo Lima), passe derrière lui un camion citerne que conduit son père, aux couleurs rouge et jaune, comme son short et son t-shirt. Une manière de symboliser le lien ténu qui existe encore entre les deux personnages, même si Gugu aujourd’hui, vit chez sa grand mère Dilma. Une grand mère avec laquelle les rôles semblent d’ailleurs, de manière amusante, inversés, puisque c’est Gugu qui la réprimande par rapport à sa légèreté avec son prétendant, Valmir, avec lequel elle danse collé-serré au bar du quartier.
Démarrant comme une comédie intergénérationnelle à la jolie tendresse, "Gugu’s World" vire progressivement à la tragédie, alors que la grand mère commence à perdre la mémoire, finissant par ne plus reconnaître les lieux ni les gens. S’attardant sur des questions de genre, avec l’attitude du père qui ne supporte pas certains comportements de Gugu, ou d’autres gamins harceleurs (qui le traitent de « princesse »), le scénario interroge l’absence du père (qui attend un nouvel enfant), et questionne la capacité du personnage à se défendre. La succession de témoignages suite à une bagarre à l’école est pourtant un délice de comédie, permettant de maintenir malgré tout une tonalité tragi-comique de l'ensemble. Ajoutons aussi l’utilisation récurrente de la musique du "Time After Time" de Cindy Lauper, et l'émotion affleure de manière régulière dans un film qui vire au précoce passage à l'âge adulte qui a remporté l'ours de Cristal du meilleur film et le Grand Prix du jury international de la section Generation KPlus du dernier Festival de Berlin.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
