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GUEST OF HONOUR

Un film de Atom Egoyan

David Thewlis excellent, en père contraint de composer avec ses principes

Une femme, qui vient de perdre son père, inspecteur sanitaire, raconte sa perception de celui-ci au travers d’entretiens avec le prêtre qui devrait célébrer l’office…

Guest of honour film image

Atom Egoyan a eu son heure de gloire dans les années 90, avec le portrait étrange d’un assureur un peu trop impliqué auprès de victimes de sinistres ("The adjuster") et quelques chefs d’œuvre autour de la notion de deuil ("Exotica", "De beaux lendemains"). Depuis, ses films s’avèrent relativement inégaux, même si les thématiques des derniers ("Remember" avec la recherche d’un criminel nazi, "Captives" autour à nouveau de la disparition d’une jeune fille) avaient de quoi remuer. Le voici donc qui s’attaque de nouveau, avec "Guest of honour", à des sujets moralement problématiques, notamment au sentiment de culpabilité et à la nécessité de respecter des règles sociales ou techniques, établies.

Présenté en compétition au Festival de Venise 2019, son film met en parallèle trois époques de la vie du père, avant et après l’emprisonnement de sa fille pour une agression sexuelle qu’elle pourrait ne pas avoir commise, mais aussi durant l’enfance de celle-ci. Avec minutie, il construit ainsi un puzzle passionnant, entre (en)quête de vérité teintée de thriller et drame intimiste en forme d’exploration des facettes les plus sombres de l’être humain. Mettant en avant l’impossibilité de vivre sans quelques arrangements, il s’appuie d’ailleurs sur un intelligent jeu e miroirs avec l’activité d’inspecteur sanitaire du père, pour évoquer les questions de justice et de responsabilité.

Mais l’atout principal de ce nouveau film aux questions morales multiples, est sans doute son acteur principal, David Thewlis, comédien anglais reconnu au niveau international depuis son rôle dans "Naked" de Mike Leigh (qui lui valu le prix d'interprétation à Cannes en 1993), et qu’on a pu voir depuis dans "Rimbaud Verlaine", "Harry Potter" 3 et suivants, "Le Nouveau monde" de Terrence Malick, "The Lady" de Luc Besson, ou même "Wonder Woman". Incarnant d’abord une droiture inflexible, on le sent peu à peu vaciller, entre justice et chance, qu’au point de rupture qui l’obligera à s’impliquer. Un très beau rôle pour ce comédien hors pairs, rappelant que dans la vie, tout n’est pas balisé par avance.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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