GREENLAND MIGRATION
Le monde d’après
Synopsis du film
5 ans après qu’un astéroïde ait frappé la Terre, les survivants essayent de continuer à vivre. La famille Garrity est dans un bunker souterrain de l’armée, au Groenland, avec une centaine d’autres personnes. Mais suite à un tremblement de terre qui détruit le bunker, ils sont contraints de fuir et décident de rejoindre le cratère Clark, au sud de la France qui offrirait un environnement naturel propice à un nouveau départ pour l’humanité…
Critique du film GREENLAND MIGRATION
Voilà une suite que l’on n’attendait pas du tout. Après un premier épisode qui se révélait être une agréable surprise avec sa volonté de rester à hauteur d’homme sans verser dans l’avalanche des effets numériques pour un film catastrophe, le tout avec un scénario carré et plutôt intelligent, "Greenland Migration" décide de nous montrer la vie sur Terre, 5 ans après la chute de la météorite, en collant aux baskets de la famille Garrity et en particulier à celles du père de famille incarné par Gerard Butler (en mode papa ours sensible mais prêt à tout pour sa famille, le tout en mâchoire serrée quelle que soit la situation). À noter que le reste du casting est en pilote automatique et leurs personnages sont sans aucunes nuances et n’ont aucune progression à travers le récit (si ce n’est être uniquement un vecteur émotionnel en ce qui concerne la femme et le fils du personnage principal).
Nous amener à découvrir le monde d’après et la vie des survivants, après nous avoir offert une course contre la montre dans le premier film, est un point de départ scénaristique intéressant. Cependant, ce qui commence comme une bonne idée, finit malmené à cause d’un scénario qui ne réussit jamais à pleinement développer une bonne partie des situations qu’il propose (notamment les passages en Angleterre et celui de la zone de combat en France). Tout semble assez expéditif, surtout quand il y a de l’action et les péripéties sont pour la plupart cousues de fils blancs.
En revanche, on ne peut qu’être agréablement surpris de la façon dont le scénario traite les personnages secondaires, qui servent de véritables démonstrateurs de la dangerosité du trajet réalisé par les Garrity et à rappeler que l’après cataclysme ce n’est pas le monde des bisounours (quitte à sombrer parfois dans un pathos lourdaud notamment dans les dernières minutes). Enfin, on pourra également se questionner sur l’utilisation scénaristique des retombées radioactives qui au final servent uniquement dans la trajectoire du personnage principal (attention spoiler : on devine assez rapidement que le personnage interprété par Gerard Butler est condamné par la maladie) et qui ne semblent en aucun cas devenir un potentiel problème par la suite.
Enfin, un autre point faible du long métrage est sa mise en scène, qui si elle se refuse aux poncifs des films catastrophes à base de nombreux plans du cataclysme et de ses conséquences, reste au contraire proche de ses personnages, au point par moment de réduire le spectaculaire des séquences d’action (les orages radioactifs, la traversée du champ de bataille etc.) et de ne pas saisir pleinement le potentiel des décors (notamment une trop faible exploitation visuelle par exemple de la Manche, devenue un désert).
"Greenland Migration" n’a pas l’étoffe des meilleurs films catastrophes et ni celle du premier opus. Dommage, car le potentiel était là, mais avec une telle exploitation scénaristique des 99 minutes difficile d’y voir un divertissement abouti.
Kevin GueydanEnvoyer un message au rédacteur

