GRAVE TORTURE

Un film de Joko Anwar

Une délicieuse torture

Synopsis du film

Suite à la mort de ses parents, Sita cherche à prouver que la religion n’a rien à voir dans l’attentat suicide qui leur a ôté la vie. Pour cela, elle se lance dans une quête de vérité et cherche à prouver qu’il n’y a pas de tourment après la mort, sinon on l’entendrait depuis les tombes des défunts. En entraînant son frère dans cette quête, c’est toute leur vie qui pourrait être bouleversée…

Critique du film GRAVE TORTURE

Joko Anwara l’art et la manière de politiser ses films tout en étant un maître du divertissement. Pour ce film, le postulat de départ est assez fort : une femme (pas non plus le genre le mieux aimé des religions du monde entier) remet en cause l’existence même de la religion suite à un deuil qu’elle a du mal à traverser. Pour mettre en image son récit, le réalisateur nous entraîne dans plusieurs époques de la vie des personnages principaux, ce qui donne l’impression de traverser plusieurs films, pourtant sans effet de lourdeur, le rythme étant soutenu et l’image impeccable.

On sent une vraie continuité dans les sujets abordés dans sa filmographie : le deuil du point de vue des enfants, et leur débrouillardise sans adultes ou presque. L’horreur, dans "Grave Torture", est autant issue du monde réel que du fantastique : Sita et Adil, son frère, sont d’abord envoyés jeunes dans une école coranique isolée, où des abus ont lieu sur les enfants. Puis dans leur vie adulte, ils sont confrontés à l’horreur de la fin de vie, travaillant tous les deux dans une maison de retraite, elle comme aide-soignante et lui comme thanatopracteur. Le fantastique arrive d’abord par petites touches, car tout ce qui leur arrive pourrait être dû à de la malchance ou à des hallucinations liées par exemple au manque d’oxygène. Mais plus le film avance, plus nous doutons, au même titre que Sita, qui mène sa quête de vérité en étant une sceptique convaincue.

L’équilibre délicat entre croire ou non vivra ensuite une vraie rupture de ton et Joko Anwar choisira de nous montrer sa version de « croire » en partant dans un franc dernier acte d’horreur, tout en n’oubliant pas au passage de tacler la religion une bonne fois pour toutes.

Océane CachatEnvoyer un message au rédacteur

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