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LE GRAND PARTAGE

Contre : -2 : Festival de clichés

Lors d’un hiver extrêmement rigoureux, les habitants d’un immeuble cossu du 6e arrondissement de Paris se retrouvent obligés, par décret gouvernemental, d’héberger des personnes sans domicile fixe…

Les clichés ont de beaux jours devant eux. Après "Qu'est ce qu'on a fait au bon Dieu" qui forçait le trait de la mixité culturelle, "Le Grand Partage" enfonce le clou de la mixité sociale. Le bourgeois de droite, le bobo de gauche, la concierge au chat borgne nommé Jean-Marie (on vous laisse deviner son appartenance), tout le monde y passe. La finesse ne sera pas au cahier des charges, le but étant d'enfermer les personnages dans des cases aux contours bien grossiers.

Première solution : se contenter de ces étiquettes et essayer d'en rire. Soyons honnêtes, cela fonctionne parfois, à coups de répliques cinglantes venant des personnages les plus odieux (Bourdon et Balasko). Mais est-il besoin de le répéter : une poignée de bonnes répliques n'a jamais fait un bon film !

Deuxième solution : essayer de trouver dans ce pot pourri (littéralement) une réflexion sociale qui fait directement écho à l'arrivée des migrants en France. Mais traiter d'un sujet de société implique d'en faire ressortir la complexité et les contradictions, éventuellement d'esquisser des solutions. Ici, le fond reste à la surface, prétexte à un festival de "gags" provoqués par des personnages hystériques et/ou névrosés. Une seule question est intéressante (que la bande-annonce suffisait à poser) : bienheureux celui qui serait capable d'affirmer ce qu'il ferait à leur place. En attendant de pouvoir le dire, on rit jaune...

Rémi GeoffroyEnvoyer un message au rédacteur

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