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LA GRAMMAIRE INTÉRIEURE

Un film de Nir Bergman

Les chemins de la puberté

Au début des années soixante, Aharon a 11 ans. Il vit avec ses parents, sa sœur et sa grand mère dans un petit quartier de Jérusalem. Alors que ses copains voient leur corps changer, le jeune garçon ne grandit pas et désespère de devenir adulte...

Le jeune Aharon rêve de devenir le Houdini israélien et surveille sa voisine, persuadé que c’est une espionne. Caché sous le lit de cette femme célibataire ou au sommet d’un arbre, il observe le monde des adultes. Soudain tout lui semble moins réjouissant. Coincé avec sa sœur entre une mère castratrice et un père résigné, il voit son enfance lui filer entre les doigts et doit faire face aux angoisses des plus grands. Lors d’un feu de camp, il joue avec ses copains à passer la barrière que les plus grands forment pour l’empêcher de rejoindre l’âtre. Il réussit aisément mais à la surprise générale il ressort et ne réussit plus à revenir. Ce réflexe illustre bien la difficulté du jeune garçon à grandir. Cette peur, stoppe inconsciemment sa croissance et laisse l’enfant sur le bord du chemin.

On ne peut qu’être séduit par les tourments de ce petit garçon à la répartie si attachante et constamment en décalage avec son environnement. Malheureusement, « La grammaire intérieure » impose un classicisme convenu qui dessert injustement le roman de David Grossman, dont le film est adapté. Le réalisateur hésite à prendre parti, dans la première moitié notamment, pour le portrait tendre et bouleversant d’Aharon au profit d’une comédie dramatique parfois maladroite. Les différents personnages qui forment l’entourage de l’adolescent, sont presque caricaturaux. La mère, si dure soit-elle, est un personnage bien trop complexe pour être uniquement représenté comme la pire des mégères. Un film bien inégal qui doit son salut à la très belle histoire qu’il conte et à la brillante interprétation du jeune Roee Elsberg. Troublant de vérité, l’adolescent incarne tout le mal-être et le désespoir d’une adolescence qui tourne mal.

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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