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GORGONA

Un film de Evi Kalogiropoulou

Un prétendu film d'émancipation féminine, qui se complaît dans des codes machistes à peine détournés

Synopsis du film

Dans une ville toute dédiée au pétrole, avec son immense raffinerie qui illumine le ciel la nuit, Nikos, chef de bande, cherche un successeur. Parmi les prétendants, il y a une seule femme, Maria, avec laquelle il entâme une liaison, et qui fait preuve d’aptitudes impressionnantes…

Critique du film GORGONA

En 5 chapitres, "Gorgona" raconte l’histoire d’une bande qui contrôle une ville pétrolière, avec de l’essence et des femmes, et dont le leader se cherche un successeur. Le film démarre avec une voix-off, celle d’une femme dont les attraits sont mis en valeur, servant de « cadeau » aux hommes de la bande, et transportée sur une sorte de radeau, telle une offrande entourée de fleurs et fruits. Les hommes, eux, s’entraînent dans une sorte de danse collective, limite tribale ou celtique (on ne sait pas trop…). Puis vient l’introduction du chef, Nikos, sorte de figure ultra-virile, qui distribue du whisky à la gorgée, abat ceux qui questionnent ses choix, et fait l’amour avec la seule femme du groupe, Maria.

Sorte de prise de pouvoir des femmes, qui n’ont plus besoin des hommes ou qui refusent leur emprise, sans aucun fond, et privilégiant en permanence une forme aussi futile que clinquante, le film agace rapidement. Le problème est que les femmes usent des mêmes comportements que les hommes (baise torride, violence gratuite, revolvers exhibés ou tripotés, rivalités stériles...), les personnages reproduisant les schémas que le scénario semblait vouloir dénoncer. Faux récit d’émancipation, "Gorgona" multiplie de plus les effets stériles (scène de sexe lesbienne sous une lumière, on ne sait pourquoi, verte; tir de revolver sur du rap; fusillade sur un vieux standard américain…), quand certaines scènes ne sombrent pas tout juste dans le ridicule (les hommes qui ondulent du bassin sur des meubles lors d’une soirée chez le chef, Maria qui se met soudainement à jouer du synthétiseur…).

S’il parvient tout de même à mettre en valeur le décor et les lumières de la raffinerie, notamment lors de la scène où les deux femmes s’échappent en scooter des mers ou avec le clignotement des yeux de l’héroïne (comme habitée par les lieux et l’ambition), le film, teinté de western, s’enfonce encore plus en tentant la piste du pseudo-fantastique. Au final "Gorgona" semble se prendre terriblement au sérieux, convoquant tatouage de Méduse (l'une des gorgones) sur le torse du chef, fauteuil en rotin façon Emmanuelle, symbole on ne sait trop si c’est de pouvoir, mise en scène de femmes offrandes et sexe racoleur, le tout au sein d’une intrigue dont les tenants et aboutissants restent particulièrement abscons.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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