GOOD LUCK, HAVE FUN, DON'T DIE
Good fun, don’t die laughing* !
Synopsis du film
Un homme aux apparences de SDF débarque dans un diner de Los Angeles et semble prendre les clients et employés en otage. Mais il prétend venir du futur pour sauver le monde en détruisant une intelligence artificielle avant sa finalisation imminente. Pour cela, il a besoin de constituer une équipe et il prévient que ça va être dangereux…
Critique du film GOOD LUCK, HAVE FUN, DON'T DIE
Notamment connu pour avoir réalisé "Rango" (Oscar du film d’animation en 2012) et les trois premiers volets de la franchise à succès "Pirates des Caraïbes", Gore Verbinski semblait avoir disparu des radars après les deux échecs successifs de "Lone Ranger" (2013) et "A Cure for Life" (2017). Cette traversée du désert paraît désormais derrière lui car le voilà de retour aux commandes d’un des films les plus attendus de 2026, présenté hors compétition à la Berlinale en même temps que sa sortie en Amérique du Nord.
Dans son propos, "Good Luck, Have Fun, Don’t Die" est une satire en réponse à la menace que fait peser l’IA sur l’industrie cinématographique. Le discours peut paraître un tant soit peu vain ou simpliste, entre autres parce qu’il tend à opposer des jeunes générations globalement décérébrées et des personnages plus âgés qui auraient plus de sagesse pour sauver le monde. Mais une telle analyse serait exagérée, car le film fait suffisamment preuve d’ironie et d’autodérision pour ne pas être réduit à un plaidoyer bas de gamme. Si la critique de l’IA fait mouche (et plus largement celle de notre dépendance aux écrans et à l’informatique), c’est aussi parce que "Good Luck, Have Fun, Don’t Die" – comme son titre l’indique – ne se prend pas totalement au sérieux et a aussi l’intention explicite de nous divertir.
Le scénario de Matthew Robinson (coauteur du sympathique "Love and Monsters") permet à Verbinski de retrouver un mélange décoiffant d’aventure et de comédie qui avait fait mouche dans "Pirates des Caraïbes", avec l’ajout supplémentaire, ici, d’une imbrication de flashbacks qui rend le rythme encore plus dingo. Finalement, l’homme du futur incarné par Sam Rockwell peut être vu comme un alter ego du célèbre pirate joué par Johnny Depp, avec ce même humour dévastateur mêlant extravagance, raillerie, cynisme, détachement et nombrilisme.
Si les ficelles finissent par être progressivement lisibles (avec un relatif coup de mou sur la fin), "Good Luck, Have Fun, Don’t Die" n’en reste pas moins un divertissement entraînant dans lequel on se marre beaucoup, jusqu’à être parfois surpris par certaines idées démentes dignes d’un "Everything Everywhere All at Once" – on vous laisse par exemple découvrir la « pluie » de paillettes à la fin ! En bref, si le mot « fun » est central dans le titre, ce n’est pas pour rien.
* Don’t die laughing = ne mourez pas de rire
Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur



