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GOLD

Un film de Stephen Gaghan

Arnaque à la pépite

États-Unis, fin des années 80. L’ascension et la chute d’un prospecteur en minerai, Kenny Wells, qui décide à la suite d’un rêve, d’aller chercher de l’or en Indonésie avec la complicité d’un géologue tombé en disgrâce...

Prenez un projet fou, rajoutez-y une arnaque, sur fond de l’ascension et de la chute d’un homme, saupoudrez le tout d’une quête de l’or : voilà le menu de ce qui vous attend en allant voir Gold le nouveau film de Stephen Gaghan ("Syriana"). Copieux menu mais dont la réalisation classique ne rend pas forcément justice à la folie de cette entreprise menée par deux hommes dans la jungle indonésienne.

Côté casting, Matthew McConaughey interprète tout en ventre, lunettes de soleil, et en cabotinant quelque peu, ce looser magnifique qu’est Kenny Wells avec lequel on a envie de partager son rêve et pour lequel on éprouve une certaine empathie. Face à lui Edgar Ramirez, le géologue à la dégaine d’aventurier de la jungle sait être sobre et classe, quant à Bryce Dallas Howard, tout de cheveux d’or (serait-ce elle la pépite de Kenny ?), son personnage de concubine de Kenny n’est pas assez développé alors qu'il constitue l’un des piliers de la vie du héros.

Le long-métrage est intéressant au titre de la place de la bourse dans l’ascension et la chute d’un homme. Cette fièvre de l’or est contagieuse, et au-delà de la folie des hommes pour trouver le précieux métal, c’est également une fièvre qui s’empare des marchés économiques lorsqu’un potentiel filon semble être trouvé. Car dans cette poursuite de l’or, tout n’est que spéculation du début à la fin. Dans l’intégralité du film on ne croise à l’écran quasiment pas l’ombre d’une pépite d’or. Et c’est ce qui fait sa force : nous sommes comme le héros et les marchés financiers, nous croyons seulement à la présence d’or dans ces forages en pleine jungle indonésienne.

L’autre bémol du film, avec la faible consistance des seconds rôles, c’est que l’on survole de façon simpliste et rapide ce monde de requins que semble constituer l'univers de l’exploitation de l’or, qui tente de s’approprier la mine de Wells, et les liens qu’il entretient avec les pouvoirs politiques des pays où sont découverts les filons d’or.

Au final, la fièvre de l’or nous contamine un peu, mais pas assez pour nous donner envie de prendre un tamis et d’aller sonder le lit d’une rivière ou d’aller creuser au fin fond de la jungle pour y découvrir celui-ci. Un film plus silver que gold, qui aurait pu changer de métal avec un gain de profondeur scénaristique.

Kevin GueydanEnvoyer un message au rédacteur

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