Bannière Festival de l'Alpe d'Huez 2026

GIRLS FOR TOMORROW

Un film de Nora Philippe

« Je te souhaite de puiser dans de nouvelles sororités de quoi nourrir les batailles qui viennent »

Synopsis du film

En 2015, après la naissance de sa fille, Nora Philippe part à New York et cherche à trouver l’équilibre entre sa nouvelle vie de mère et sa vie de réalisatrice. Elle découvre l’histoire du prestigieux Barnard College (première université réservée aux femmes, créée en 1889) et décide alors de suivre 4 étudiantes pendant les prochaines années de leur vie. Leur féminisme, leurs convictions et leurs trajectoires seront comme un miroir de la vie de la réalisatrice pendant les 10 prochaines années de tournage…

Critique du film GIRLS FOR TOMORROW

Lorsqu’elle pose sa caméra au Barnard College, Nora Philippe rencontre 4 étudiantes de 20 ans, débordantes de convictions, d'incertitudes parfois, de rage aussi. En 2015, leur monde s'apprête à être bouleversé une première fois avec l’arrivée de Trump au pouvoir un an plus tard. Nora les fait parler, les suit dans leurs combats ainsi que dans leurs quotidiens. Sa voix en narration nous permet de nous sentir proches de ces protagonistes que l’on découvre. Et il y a beaucoup à voir à travers leurs yeux : l’envie que le monde change, des aspirations pour le futur, la peur, et le féminisme pour boussole.

Le documentaire traverse les années et les évènements trop nombreux qui marquent au fer cette génération : la mort de Georges Floyd et le mouvement Black Lives Matter, #MeToo, l’annulation par la cour suprême du droit à l’avortement, le Covid, la guerre en Palestine… Au fil de l’eau, certaines des protagonistes deviennent presque des amies, et le regard de la réalisatrice les accompagne quand elles nous entraînent dans leurs vies militantes et intimes, puisque finalement les deux sont toujours étroitement liées. Par moment, c’est un pan de la vie de Nora Philippe que l’on aperçoit, et encore plus rarement, son image à l’écran.

Cette double narration est finement jouée et tellement naturelle que l’on aperçoit le documentaire tel qu’il est vraiment : un héritage pour sa fille autant que pour les personnes qui auront la chance de visionner ce témoignage. Puis la voix de la narratrice s’efface au fur et à mesure que les voix de ses protagonistes prennent de l’assurance, et le format du documentaire glisse tout doucement vers quelque chose de plus personnel : les images deviennent elles aussi plus belles, avec de très beaux plans tout droits sortis de films bucoliques. À la fin du documentaire, on se souvient que Nora avait promis à ces 4 étudiantes qu’elle les filmerait jusqu’en 2045, et on se prend à rêver d'une suite. La réalisatrice conclut : « je continuerai de prendre date avec vos luttes et vos infinis devenirs », et nous aussi.

Océane CachatEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire