GIRL

Un film de Shu Qi

Un film dur, éprouvant même, mais beau et délicat aussi

Synopsis du film

1988, à Taïwan, Hsiao-Lee vit son adolescence aussi discrètement qu’elle le peut, entre une mère tyrannique et un beau-père alcoolique et violent. Au contact d’une nouvelle camarade de classe, Li-li, Hsiao-Lee va entrevoir une autre manière de vivre sa vie…

Critique du film GIRL

C'est le premier film en tant que réalisatrice de Shu Qi, connue principalement pour ses rôles dans le cinéma d'action et d'art martial chinois ("The Assassin", "Shangai Fortress") et dans plusieurs grosses productions hollywoodiennes ("Le Transporteur", "New York I love you"). Ici, la réalisatrice s'éloigne de sa filmographie d'actrice ; "Girl" est un pur film d'autrice, avec son regard singulier, son identité visuelle prononcée et une histoire d'une sensibilité extrême, encore plus dès lors qu'on comprend qu'il ne s'agit pas là d'une fiction, mais d'un témoignage. "Girl" c'est l'histoire d'une adolescente si discrète qu'elle aimerait ne plus exister pour qu'enfin sa mère et son beau-père la laisse en paix. "Girl" c'est aussi l'histoire de Shu Qi, du foyer violent dans lequel elle a grandi avant de prendre enfin son envol, loin de sa mère tyrannique et de son beau-père alcoolique.

C'est un film dur, éprouvant même. Et beau, délicat aussi. L'histoire et les traumatismes de la mère croisent ceux de sa fille qu'elle rejette. On comprend alors, par bribes, d'où celle-ci tient sa dureté, comme on vit, avec l'adolescente, la pression constante qu'exerce sa famille sur elle et toutes les tactiques qu'elle tente de mettre en place pour s'en tirer à bon compte. La maison, étouffante, devient le lieu du qui-vive et le chemin de l'aller et du retour de l'école, un couloir allant d'un lieu à un autre dans lequel il ne faut pas traîner. De la même manière qu'elle filme si bien le dégoût du foyer, Shu Qi parvient à faire vivre le quartier autour, en le montrant comme un microcosme dont il ne faut pas sortir sous peine de représailles.

Après sa première à Venise, projeté en avant-première au festival Lumière 2025 de Lyon en présence de Shu Qi, de nombreux témoignages spontanés se sont succédés dans la salle pour remercier la réalisatrice de donner cette visibilité aux victimes de maltraitance. Un moment fort en émotion, qui montre bien l'impact direct du film et sa charge émotionnelle.

Amande DionneEnvoyer un message au rédacteur

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