GENTLE MONSTER
Un film sur le soupçon qui manque cruellement de suspense et de tension
Synopsis du film
Lucy et Philip vivent le parfait amour dans la campagne allemande. Elle est pianiste mondialement connue, il est réalisateur et a mis sa carrière en pause pour s’occuper de leur fils, Johnny. Un jour, Philip est emmené par la police, qui le soupçonne de détenir des vidéos à caractère pédopornographique…
Critique du film GENTLE MONSTER
La sélection du dernier film de Marie Kreutzer en compétition officielle à Cannes a pu en surprendre certains, sachant que la réalisatrice autrichienne n’a jamais particulièrement brillé en festival. Son dernier film en date, "Corsage", présenté à Cannes 2022, alors dans la section Un certain regard, n’a pas laissé un souvenir inoubliable si ce n’est pour la prestation de son interprète principale, Vicky Krieps. Cette fois c’est à Léa Seydoux de porter le film sur ses épaules et de surnager au milieu d’une intrigue mollassonne.
"Gentle monster" se veut un film sur le soupçon qui grignote peu à peu la confiance au sein du couple formé par Lucy et Philip, quand la culpabilité de ce dernier ne fait que peu de doute, de par son attitude au moment de son arrestation ou par ses versions des faits qui changent sans arrêt. Demeure un petit doute sur le fait que Philip ait utilisé son propre fils pour ces vidéos pornographiques, mais c’est bien insuffisant pour justifier la posture de Lucy qui attend de voir comment la situation va évoluer.
De ce point de vue, développer le personnage de l’enquêtrice ne semblait pas non plus nécessaire. Même s’il faut admettre que le travail de caractérisation est très réussi et que le personnage est superbement incarné par Jella Haase, méconnue en France mais néanmoins une des plus grandes actrices allemandes de sa génération. Un bon personnage donc, mais qui ne fait guère avancer le récit et à qui on dédie une intrigue secondaire un peu vaine autour d’une relation père-fille dysfonctionnelle.
Pour ce qui est de la pédophilie, qui aurait pu devenir le vrai thème du film, ou pour le moins donner un peu de substance à une intrigue qui en manque cruellement, on regrettera de voir la réalisatrice rester si évasive sur le sujet. On se contentera de quelques détails glaçants, notamment le pseudonyme qu’utilise le diffuseur de vidéos pédopornographiques en ligne : gentle monster (gentil monstre). Un pseudonyme qui donne son titre au film, mais qui par la même occasion nous ment un peu sur la marchandise.
Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur

