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GARANCE

Un film de Jeanne Herry

Portrait d’une actrice alcoolique et à fleur de peau

Synopsis du film

Garance est une jeune actrice qui enchaîne laborieusement les spectacles et les pièces de théâtre. Son alcoolisme vient peu à peu saboter une carrière qui a déjà du mal à décoller, ainsi que ses relations avec ses proches. Mais elle peut compter sur le soutien de sa compagne Pauline, dont la patience semble à toutes épreuves…

Critique du film GARANCE

Après "Pupille" (sept nominations aux César) et "Je verrai toujours vos visages" (neuf nominations), c’est cette fois en compétition officielle à Cannes que Jeanne Herry a eu l’occasion de briller. Bien que reparti bredouille, "Garance" a longtemps fait figure de candidat sérieux pour la palme ou pour un prix secondaire. Il avait pour cela de solides arguments à faire valoir, à commencer par les qualités d’écritures qui ont fait le succès des films précédents de la réalisatrice. Des personnages superbement caractérisés, des arcs narratifs puissants et des dialogues ciselés sont une nouvelle fois au rendez-vous.

Jeanne Herry s’empare des thèmes de l’alcoolisme et de la précarité des intermittents du spectacle. Deux sujets qui ne vont pas forcément de pair, mais dont on comprend aisément qu’ils peuvent être intimement liés. Et pourtant la réalisatrice nous surprend en faisant de l’alcoolisme de l’héroïne la cause de sa précarité quand on aurait facilement imaginé l’inverse. C’est à force d’enchaîner les beuveries et de refuser d’admettre son addiction que Garance se met peu à peu tout son entourage à dos, ce qui lui ferme les portes des salles de théâtre.

À travers ce portrait d’une comédienne qui perd pied, Jeanne Herry nous rappelle que tout artiste dispose d’une grande sensibilité, qui peut également être synonyme de fragilité. C’est ce qu’exprime Garance au cours d’un monologue intense devant une classe d’enfants médusés (l’actrice est venue parler de son métier lors d’une journée portes ouvertes). Il faut tout le talent d’Adèle Exarchopoulos pour donner corps à ce personnage à fleur de peau. Elle est magnifiquement épaulée par Sara Giraudeau qui excelle dans les rôles de personnages bienveillants, dont la patience aide à panser les blessures les plus profondes. Sortir de l’alcoolisme n’est pas une mince affaire et son aide sera précieuse, pour ne pas dire indispensable. Car tout dans ce métrage concourt à rendre prégnants les mécanismes de l’addiction, dans un récit à la fois sensible et intense qui fait la marque de fabrique de Jeanne Herry.

Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur

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