FUNERAL CASINO BLUES
Un thriller asiatique à l’ambiance nocturne réussie
Synopsis du film
A Bangkok, Wason tient un bar et doit une certaine somme d’argent à des gens peu recommandables, qu’il tarde à rembourser. Dans sa résidence vit aussi Jen, dont le copain, régulièrement alcoolisé, s’avère parfois violent, et qui gagne sa vie en jouant les escortes d’hommes étrangers. Aidant au bar cette dernière à se débarrasser d’un client envahissant, il accepte aussi de surveiller la porte de son appartement au cas où son copain revienne. Peu à peu une amitié se développe entre les deux voisins, alors que Jen se laisse aller à faire la fête avec une amie, Pim, devenue sa colocataire…
Critique du film FUNERAL CASINO BLUES
Découvert dans la section Orizzonti du Festival de Venise 2025, "Funeral Casino Blues" est une histoire d’entraide entre deux êtres en difficulté, dans un Bangkok dont les ambiances nocturnes sont extrêmement bien rendues. Car peu de soleil semble briller sur l’existence de cet homme et sa voisine, qui lorsqu’ils dînent ensemble expriment leur part de rêve entre gain au loto et achat d’une villa anglaise. Et même si les envies de sorties de Pim, la colocataire de Jen, donnent l’occasion d’une plongée dans des lieux festifs, c’est surtout le besoin d’argent et le flirt avec les limites du banditisme qui marquent leur avancée dans l’existence, entre pression voire violence des créanciers et insécurité liée aux relations avec des étrangers. Jusqu’à ce que le scénario introduise un tournant radical, avec la disparition de Jen, partie en famille à la campagne, mais jamais revenue.
La tonalité du film, déjà en partie désenchantée et tendue, vire alors au véritable thriller autour de la disparition, teinté de pointes de fantastique avec l’étrange présence qui se manifeste ponctuellement. Avec pertinence, la mise en scène renforce l’importance des inserts en images de vidéo-surveillance, marquant au départ le danger lié au petit ami violent ou aux clients, et traduisant désormais la fuite et le devenir hypothétique du personnage féminin central. En trois chapitres, on se laisse envelopper par cette histoire sans issue, malgré l’usage excessif et parfois mal choisi d’une musique limitée à cinq notes au piano. Une histoire qui aurait pu cependant s’arrêter quelques minutes plus tôt, sur le défilé de la cime des arbres, alors qu’on découvre le sort de Wason. Certes la dernière scène vient rappeler que le danger est toujours présent (pour Pim, en l’occurence, et d’autres femmes), mais elle n’était pas forcément utile.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
