TOP : 10 FILMS MARQUANTS DE LA CARRIÈRE DE JODIE FOSTER bannière © Claire Fridkin (licence CC-BY-SA-4.0)

FRANZ K.

Un film de Agnieszka Holland

Des tas d’idées de mise en scène pour un portrait assez confus

Synopsis du film

Affublé d’un père qui méprise ses « gribouillis », un boulot dans les assurances qu’il déteste et des aspirations d’écriture qui le monopolisent, le jeune Franz Kafka doit faire face à ses traumas et cherche à faire respecter la valeur des mots…

Critique du film FRANZ K.

Rendre compte de la personnalité d’un écrivain torturé, célèbre pour la noirceur et la complexité de ses textes, tel que Franz Kafka, était forcément un pari ardu. Que ce soit de plus Agnieszka Holland qui s’attelle à cette tâche pouvait avoir de quoi surprendre, tant la réalisatrice polonaise (Kafka lui était tchécoslovaque) n’a guère fait preuve d’inventivité formelle depuis longtemps et ses "Olivier, Olivier" ou "Europa Europa". Si ce n’est pas tellement dans la construction du film que l’on cherchera l’originalité, alternant moments de la vie du jeune écrivain et flashs-back sur son enfance appuyant le côté traumatisant de l’attitude du père, c’est par contre par sa mise en scène que "Franz K" se distingue, la réalisatrice multipliant les audaces pour traduire tantôt le malaise d'un personnage divisé, tantôt ses problèmes de sociabilité ou ses traumatismes.

Et le résultat est au final assez inégal, convoquant l’étrangeté d’une ombre noire qui se fait géante, la symbolique de barreaux se refermant sur les acteurs d’une pièce de théâtre, celle de mains soudainement palmées pour sa peur de l’eau, le sentiment de persécution ou de surveillance avec les yeux dans les murs de l’appartement ou les gens collés aux fenêtres, le film perd un peu le spectateur en route en rajoutant des éléments tous azimuts tels que la multiplication non explicitée des narrateurs (un aveugle au début, un chirurgien…) ou la superposition soudaine d'un étrange message téléphonique moderne : « si vous voulez un rendez vous personnel avec Kafka dites Franz ». Du coup le film paraît à la fois fouillis et clinique, et même si de nombreux sujets clés sont abordés (coupure avec la famille, autorité du père, phobies diverses, tuberculose, menaces de déportation…), on restera toujours à distance de ce personnage d’une rare froideur.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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