TOP : 10 FILMS MARQUANTS DE LA CARRIÈRE DE JODIE FOSTER bannière © Claire Fridkin (licence CC-BY-SA-4.0)

FRANKENSTEIN

Un film de Guillermo del Toro

Une version spectaculaire mais naïve du conte de Mary Shelley

Synopsis du film

En 1857, un navire tentant d’atteindre le pôle se retrouve coincé dans les glaces. Après une explosion, Victor Frankenstein, un scientifique avec une jambe en métal trouve refuge sur le bateau. Mais une puissante créature à la force surhumaine le réclame, s’attaquant au navire et tentant de le faire chavirer. Victor va alors raconter au capitaine son histoire et celle de la créature à laquelle il a donné la vie…

Critique du film FRANKENSTEIN

Sortie le 07 novembre 2025 sur Netflix

Il n’y a rien d’étonnant à ce que ce soit le réalisateur mexicain Guillermo Del Toro qui se soit attaqué à cette nouvelle adaptation du classique de Mary Shelley, "Frankenstein", du nom de famille d’un scientifique en quête de savoir et donnant la vie à une créature composée de morceaux d’êtres humain. Moins fidèle à la structure du roman qu’a pu l’être Kenneth Branagh dans sa version de 1995 qui faisait suite à l’adaptation déjà baroque de "Dracula"par Francis Ford Coppola, l’auteur s’est permis un certain nombre de libertés, notamment concernant la représentation de la « créature » (en opposition au « créateur »), au visage volontairement « beau », la couleur chair plutôt claire, et le corps peu meurtri de cicatrices celles-ci ne laissant pas apparaître les points de suture (l’aspect effrayant vient avant tout de l’habit en peaux qu’il revêt). Il introduit également le personnage d’un mécène (Christoph Waltz) qui n’existe pas dans le livre et une histoire d’amour bien éloignée du matériel original. Se dégage de l’ensemble une vision assez naïve de l’histoire, qui l’éloigne de l’horrifique, pour en faire un conte sur le pardon et la filiation, qui ne convaincra donc pas à tout le monde.

Mais cette version très personnelle, passée par la compétition du Festival de Venise, dont il est reparti bredouille sans que personne soit vraiment étonné, dispose d’une reconstitution minutieuse et de scènes d’action mémorables. Le récit est d’abord très détaillé concernant l’obsession anatomique du Docteur, entre schéma du système nerveux et premier éléments montré aux autres savants pour démontrer sa théorie sur l’importance de l’électricité (un animatronic saisissant). Le film dispose ensuite de costumes somptueux et de décors impressionnants, avec notamment la tour-laboratoire construite avec l’aide du mécène - dont les motivations réelles seront dévoilées sur le tard -, comportant de multiples détails et devenant un véritable personnage du drame, ou les différents sarcophages ou cercueils de la mère ou du père du héros. Enfin, le métrage est impressionnant lors de certaines scènes d’action, lorsque le monstre envoie valser les marins du navire ou fracasse les os des hommes qui l'agressent, lors de la composition du corps de la créature, ou avec l’incendie du labo...

Sachant tout de même faire ponctuellement preuve d’une certaine noirceur, Del Toro se perd un peu dans les passages soulignant la solitude de la créature et sa différence (il est « traqué pour ce qu’il est »). Le film s’étire alors un peu en longueur, notamment avec l’attaque par des loups, qui semble particulièrement approximative niveau effets spéciaux. Et si l’on pourra discuter de la romance ou de la performance de Mia Goth (certes mystérieuse, mais semblant trop nature en termes de langage pour le milieu dans lequel elle évolue) en fiancée du frère de Frankenstein, on ne boudera pas notre plaisir face à l’ampleur de la mise en scène et à la beauté picturale d’un film calibré pour plaire plus que pour faire peur. Guillermo Del Toro a sans doute perdu la profondeur de ses premiers films ("L’Échine du Diable", "Le Labyrinthe de Pan"), il n’en reste pas moins un metteur en scène efficace, magnifiant toujours visuellement son matériau de départ.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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