Banniere-Berlinale-2019

FORGIVEN

Un film de Paul Fitzgerald

Un film fouillé et fort

Paul Fitzgerald porte bien son nom ! Son patronyme correspond au F de la grande figure de la politique américaine John Fitzgerald Kennedy ! Et justement la politique est le sujet central de ce film, autour duquel gravitent d’autres thèmes forts comme le pouvoir, la culpabilité, le racisme, la justice et la responsabilité. Des sujets qu’on aura vus par exemple traités sous forme de documentaire par Michael Moore (« Fahrenheit 9/11 »), de biopics par Oliver Stone (« JFK », « Nixon ») ou de fictions par Clint Eastwood (« Jugé coupable »)… La force de ce film est d’être à la croisée des chemins de ces trois styles.

Fitzgerald, auteur du scénario, décortique ainsi brillamment le processus d’une campagne électorale américaine avec entre autres son lot de poignées de main répétées, ses discours matraqués, la présence de sa famille au grand complet et sa foi envers Dieu-qui-vous-bénit étalée ! Il confronte au milieu politique l’erreur judiciaire. Son film brosse le portrait d’un noir accusé de meurtre. Quand celui-ci est extirpé du couloir de la mort, il ne pense qu’à se venger et tombera dans le piège en commettant réellement un crime tant la haine du système et du racisme dont il a été victime ne lui laisse aucune autre alternative.

Un drame en engendre un autre: tel serait aussi la vision de Fitzgerald qui porte remarquablement, devant et derrière la caméra, le solide scénario de son film. Un pamphlet subtil, loin des clichés, qui ne laissera personne indifférent malgré, côté réalisation, un style très académique.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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