FORÊT ROUGE

Un film de Laurie Lassalle

Un documentaire qui malheureusement ne fait que survoler ses sujets

Synopsis du film

Octobre 2017, après plus de 10 ans de lutte, les opposants obtiennent l’abandon définitif du projet d’aéroport à Notre Dame des Landes. Mais une partie d’entre eux, installés sur place, ne veulent pas partir et souhaitent que l’Etat leur confie la gestion de ces terrains que devait gérer l’ONF. Considérés comme des squatteurs, ils s’apprêtent à poursuivre le jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre…

Critique du film FORÊT ROUGE

"Forêt rouge" est donc un énième documentaire sur la ZAD de Notre Dame des Landes, qui souffre d’arriver deux ans après le très riche "Direct Action", exposant globalement les mêmes arguments, bien mieux structuré, malgré ses 3h30 de durée. Ici, la vie en collectivité, qui occupait la seconde partie de "Direct Action", se limite à quelques plans de coupe de bois ou de transport avec des chevaux de trait, et à de ponctuelles fêtes où la musique prend le dessus. Le documentaire se concentre sur l’organisation (à minima) d’un collectif et leurs affrontements avec les forces de l’ordre, suite à l'abandon du projet, en mettant certes en avant la violence de la répression (son assourdi pour mieux signifier l’usage de grenades), et sur la reconstruction permanente de ce qui est détruit.

Si le témoignage des traumatismes est indispensable, le film s’applique surtout à montrer l’impossibilité de dialogue avec les forces de l’ordre, sans pour autant développer les tentatives de discussions avec l’État ou les collectivités locales, ni le projet concret des gens qui comptent rester. Difficile alors de prendre fait et cause pour ceux qui ont décidé de lutter, dans une logique certes d’autosuffisance à peine abordée, poussant éternellement leur pierre comme Sisyphe. Ceux qui ont déjà vu "Les Pieds sur Terre", "Le Dernier Continent" ou surtout "Direct Action" n’apprendront donc pas grand chose avec "Forêt Rouge", documentaire qui manque à la fois d’un réel point de vue et apparaît assez redondant par rapport à ses prédécesseurs.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

À LIRE ÉGALEMENT

Laisser un commentaire