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FATHER

Un film de Tereza Nvotová

Le poids de la charge mentale et de la culpabilité

Synopsis du film

Nitra, Pologne, en pleine canicule. Michal est l’heureux père d’une petite fille de 2 ans, Dominika. Un matin, en partant au travail, il dépose celle-ci à la garderie, dont une des auxiliaires lui fait signe de la main. Pourtant, l’après midi, après une réunion cruciale du fait du mauvais état financier de son entreprise, sa femme l’appelle, lui affirmant que sa fille n’est pas à la garderie. Il se précipite alors vers le parking de l’établissement, et trouve sa fille, morte, sur le siège arrière, toujours attachée à son siège enfant. Accablé, il s’effondre au sol…

Critique du film FATHER

Peut-on faire les choses machinalement, lorsqu’on est préoccupé par de multiples choses, jusqu’à commettre l’irréparable sans s’en rendre compte ? Et est-on alors coupable ? "Father", film slovaque, pose ces questions au travers du troublant portrait d’un père, persuadé d’avoir déposé sa fille à la garderie, alors qu’il l’a en fait oubliée à l’arrière de son véhicule. Un fait divers comme beaucoup d’autres, qui a l’avantage ici de ne pas jouer sur le suspense quant à la culpabilité de fait du père, mais de poser des questions de charge mentale, d’épuisement psychique et de jugement de l’autre. On découvre ainsi au départ, lors de plans séquences intenses, le quotidien de Michal, homme mûr qui semble maîtriser l'intégralité de son emploi du temps. Et pourtant la pression est là, insidieuse, avec après une douche rapide, le dépôt à l’école, un coup de fil du boulot, un autre d’une ex femme qui lui demande de passer réparer un truc chez son père, une réunion décisive…

La mise en scène accompagne la mise sous pression, d’un gros plan sur un ventilateur, accompagné d’un son envahissant, puis du silence, ponctué des coups de tête du père contre un meuble, et des cris d’une mère qui le frappe soudainement. Intelligemment, le scénario de Tereza Nvotová et Dušan Budzak ne s’attache jamais à autre chose qu’à l’intime, observant de manière frontale le sentiment de culpabilité du père, comme l’incompréhension des femmes qui l'entourent. N’évitant pas un détour par le regard des autres, la partie procès préfère expliquer que stigmatiser, bénéficiant aussi d’un étonnant plan séquence virtuose, à hauteur de pieds. Loin de tout manichéisme, "Father" n’excuse rien et parvient à créer l'empathie, questionnant la subsistance de l'amour quand le pire arrive.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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