FATHER MOTHER SISTER BROTHER
Une jolie fantaisie sur les relations familiales, entre comédie et drame
Synopsis du film
Trois histoires. Un frère et une sœur rendent visitent à leur père, dont ils se demandent comment il vit. Une mère accueille comme d’habitude, une fois par an, ses deux filles, aux caractères très différents. Un frère et un sœur, jumeaux, reviennent dans la maison de leurs parents, décédés…
Critique du film FATHER MOTHER SISTER BROTHER
Lion d’or surprise du dernier Festival de Venise, "Father Mother Sister Brother" de Jim Jarmusch était plutôt attendu du côté de la mise en scène ou du scénario. Ce dernier est en effet diviés en trois segments, correspondant à son titre : "Father" (le père), puis "Mother" (la mère), puis "Sister and Brother". Chacun met en avant l’amour ou la rivalité entre des enfants, devenus adultes (des frères et sœurs dans le premier et le dernier, deux sœurs dans le deuxième), pointant en toile de fond les difficultés de communication avec leurs parents (un père dans le premier, une mère dans le deuxième, des disparus dans le dernier). Intelligemment, le récit construit quelques résonances d’une histoire à l’autre, . Si les parents des deux premières histoires paraissent trop ou pas assez intéressés, l’hypocrisie des situations est assez délicieuse, et les récits mettent en évidence la divergence des parcours, entre le rôle variable d’une montre de luxe, la présence énigmatique de 3 skateurs filmés au ralenti, des échanges ayant lieu au volant pour une partie de l’intrigue, ainsi qu’une supposée célèbre expression anglaise « and your uncle’s name is Robert »… variante probable plutôt absurde de « …and Bob's your uncle » (ce qui signifie en gros « et voila »).
Chacune des trois histoire est structurée autour de rituels incarnant la relation familiale, d’un rendez-vous à un père désargenté dans le premier segment, à la dernière visite d’un appartement de parents décédés dans le troisième, en passant par le cérémonial du thé et des petits gâteaux dans le second. Les différents interprètes qui forment son casting 4 étoiles semblent prendre un réel plaisir à incarner les enfants dubitatifs (Adam Driver et Mayim Bialik, la savante coincée de "The Big Bang Theory") et père roublard (Tom Waits) dans la première, les sœurs ennemies (Cate Blanchett et Vicky Krieps) et la mère usée, agacée et égoïste (Charlotte Rampling) dans la deuxième, et les jumeaux dont le deuil génère une solidaire tendresse (Indya Moore et Luka Sabbat) dans la dernière.
Bien entendu le niveau de drôlerie entre les trois histoires s’avérera inégal, mais le choix de disposer en ultime segment un troisième échange à la tonalité plus triste, est plutôt bienvenu. Au fil de ces récit, le spectateur pourra pleinement participer à l’expérience, qu’il se reconnaisse dans certaines situations, et qu’il soit touché par certaines répliques ou d’humeur ludique en s’amusant à repérer les récurrences. Avec cette petite fantaisie, aussi amusante que touchante, Jim Jarmusch ("Broken Flowers", "Dead Man", "Ghost Dog : la voie du samouraï"…) devrait renouer avec un succès en salles, après le faux pas du trop caricatural "The Dead don’t die".
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteurBANDE ANNONCE
<iframe width= »560″ height= »315″ src= »https://www.youtube.com/embed/7gAAXuvHkzQ?si=7WP11-GTmzN5uahE » title= »YouTube video player » frameborder= »0″ allow= »accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share » referrerpolicy= »strict-origin-when-cross-origin » allowfullscreen></iframe>



