EVERYBODY LOVES TOUDA
Une actrice formidable pour un personnage qui ne lâche rien
Synopsis du film
Critique du film EVERYBODY LOVES TOUDA
"Everybody Loves Touda" est avant tout un portrait de femme, combative et fière, pour laquelle les enjeux sont à la fois culturels, d'intégrité physique et de dignité. Nisrin Erradi, découverte dans "Adam" de Maryam Touzani (la compagne de Nabil Ayouch, ici coscénariste, incarne avec aplomb et fougue cette femme bafouée (la conclusion de la scène de danse introductive, dans un champ à l'avant d'une voiture, pose de d'emblée sa condition), qui va tenter de devenir une chanteuse libérée, d'employeurs qui l'exploitent, comme de clients concupiscents. Car sa liberté affichée, les cheveux libres et le corps décomplexé lorsqu'elle danse, la fierté et la joie dans le regard lorsqu'elle chante, ne renvoient pour la plupart des hommes (à l'exception d'un vieux miscien attachant) que l'image d'une femme facile, que ceux-ci peuvent utiliser, acheter, abîmer...
Ne cachant rien des humiliations régulières qu'elle doit endurer, Nabil Ayouch construit son film comme une double spirale inversée : celle d'un monde de fête se refermant sur cette chanteuse ambitieuse avec une noirceur grandissante au fil des marches franchies, et celle, opposée, d'une femme en partie résignée qui se libère progressivement grâce à sa ferveur et son art. Ce double flux finit par provoquer, après la torpeur de l'introduction, une réelle émotion, qui a su séduire autant les spectateurs cannois, où le film était présenté à Cannes Première, que ceux du Festival d'Angoulême, avant que le jury du Festival 2Valencienne ne lui décerne son Grand Prix, doublé du prix d'interprétation féminine. Un portrait troublant et lumineux d'une femme marocaine libre et digne.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur


