ENTRE CIEL ET TERRE
Un délicieux et poétique recueil de courts métrages animés propre à stimuler l’imagination des plus petits
Synopsis du film
Un oiseau qui s’envole pour la première fois, une chouette dérangée en permanence dans son sommeil, un gamin qui s’imagine sa mère dans le ciel pêchant des étoiles, des animaux se réfugiant dans un arbre par temps de pluie, une créature offrant une pomme à qui le veut bien, une petite souris récupérant des étoiles tombées du ciel, une chauve souris voulant montrer le coucher de soleil : autant de petites histoires stimulant la curiosité, entre ciel et terre…
Critique du film ENTRE CIEL ET TERRE
Les Films du Whippet est un distributeur habitué aux formats courts, diffusant régulièrement des recueils de petits films d’animation visant un public de tous petits. Ici composé de 7 films dont certains extrêmement courts (à peine 1min42) et seulement un seul (le dernier) doté de dialogues, le recueil fait la part belle à la poésie, la suggestion et la rêverie, en mettant en scène principalement des animaux dans un esprit global d’entraide et de compréhension mutuelle. La seule erreur, peut-être, aura été de placer le meilleur film du recueil en premier, posant des attentes probablement trop élevées sur ceux qui composent la suite.
C’est donc le magnifique "Premier Envol" d'Adrián Jaffé (2025 – 3min18 Allemagne, 2025 – 3min18) qui ouvre le bal dans une belle cohérence de teintes roses et bleues. En réalité en images de synthèses, le film semble un mélange de stop motion à base de pâte à modeler et autres matériaux, et de dessin 2 (les ailes des insectes par exemple. On y suit une plume d’oiseau bleu tombant sur la tête d’un oisillon rose et déclenchant son envie de voler. L’animation est belle et douce, presque décalée quant au sort des grenouilles bleues jonchées sur le sol d’une forêt aux troncs roses, lorsqu’elles avalent de petits insectes. Second court du programme, dans une 2D assez classique, "La Chouette qui voulait dormir" de Ruslan Synkevich (Russie, 2018 – 3min23) interroge le bruit que font les animaux de la forêt (un pivert creusant un trou dans un arbre, un élan frottant ses bois, un essaim d’abeilles qui passe…) jusqu’à inverser le rapport la nuit avec une chouette qui dort… ou pas.
"Soupe d’étoiles" de Cho Su-a, Nam Seung-min, Cheon Ye-rim et Ju Seo-eun (Corée-du-sud), 2022 – 5min22) fait preuve d’une jolie poésie avec ses personnages en feutre et tissu, et ses nuages en coton. Ce petit film en stop motion séduit avec ce petit garçon alité s’imaginant sa mère dans le ciel, cherchant à récupérer des étoiles pour faire briller sa soupe. Très court, vient ensuite "Jour de pluie" de Park Sae-yeon (Corée-du-sud, 2023 – 1min42), avec des animaux se réfugiant dans un arbre, avec quelques décors semblant de photos découpées (arbres, feuilles, certains cailloux) alors que les créatures sont dessinées. En cinquième c’est la clarté qui manque un peu au film "Le Petit Monde de Tatarang" de Kim Manri (Corée-du-sud, 2025 – 5min47), dans lequel une créature offre des pommes habitées par un ver à d’autres animaux (taupe, chat…). Si la préciosité du ver comme futur papillon semble soulignée, on ne voit pas bien où l’auteur veut en venir. Reste une animation plutôt jolie en feutre découpé et coton (notamment pour le déplacement de la taupe à la surface et pour représenter l'eau d'un étang).
En avant dernier, "Sauveurs d’étoiles" de Maria Rumyantseva (Russie, 2024 – 6min58) affiche une belle esthétique avec un aspect vaporeux et l’utilisation d’un style graffitis jouant avec les transparences. On y suit une petite souris aux grandes oreilles recueillant des étoiles tombées du ciel et trouvant de l’aide auprès d’un ours. Enfin, le recueil se clôt avec "Des Ailes pour un ami" de Mikhail Aldashin (Russie, 2020 – 3min12), film parlant en 2D avec une musaraigne voulant rejoindre une chauve souris sur un arbre, afin d'admirer le coucher de soleil. Là aussi, d’autres animaux lui viennent en aide, dans un récit orienté tout petits qui manque un peu d’originalité par rapport au reste du programme. On retiendra tout de même un haut niveau d’ensemble, avec des styles d’animation diverses, dominés par la stop motion, et une inclinaison pour la poésie plus que la parole.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
