EN ROUTE !
Six courts métrages enchanteurs pour oser l’aventure
Synopsis du film
Une escargote découvre la ville de Paris, un petit dragon sort de l’eau, poussé par un petit nuage, un lapin est recueilli par un homme dans une barque, une petite fille parcourt la forêt à la recherche d’une source, deux renards roux sortent de leur terrier dans la neige, un petit agneau se met à rêver…
Critique du film EN ROUTE !
Ce sont 6 courts métrages d’animation qui composent ce recueil pour les petits, axé sur le voyage, le courage et la rencontre. Ils sont réalisés dans toutes sortes de techniques : aquarelle, aplats, graffiti, superpositions, stop motion… De quoi enchanter les plus petits et leur donner l’envie d’aller à la rencontre d’un ailleurs et surtout, des autres, parfois d’autres espèces. Deux véritables bijoux se dégagent de cette sélection, le vaporeux "Mû et la Source Divine" (Malin Neumann, Allemagne, 6 mn, 2024) disposé en quatrième, et "Songe d’un petit agneau" (Hamid Karimian, Iran, 5 mn, 2015), positionné en dernier. Le premier, pareil à de la peinture, est d’une élégance folle, nous entraînant dans une valse de coloris gris, marrons, bleus… à la suite d’abord d’un petit oiseau entre dune et forêt, puis d’une petite fille à la maison et la coiffe en forme d’escargot, partant vers une montagne en pointe à la recherche d’une source. C’est poétique et accompagné d’une douce guitare et des bruits du vent, tout en rappelant que dans la nature, tout est connecté. Le second évoque des éléments d’aquarelle superposés, entre sous-bois, végétation agitée par le vent, et fleurs colorées. On y trouve un petit agneau endormi se lançant dans un rêve au devant de poissons colorés, d’autres agneaux de différentes couleurs, passant de nuages en nuage et surplombant montagnes et lacs. Le réveil se fait via un soudain orage.
Également remarquables, les troisième et cinquième segments, "La Balade de Mazayka" (Yuri Chaika-Pronin, Russie, 4 mn, 2023) et "Aller et Retour" (Lucia Bulgheroni et Michele Greco, Italie, 9 mn, 2025). Le premier, aux traits gris de contours et aplats de couleurs, s’avère ponctuellement stylisé dans certaines représentations (les tirets bleus et gris sur la mer, la forme du ciel…) et suit une bande de lapins aux prises avec des loups pas si méchants. Un récit où la musique a son importance. Le second est réalisé avec des marionnettes, en stop motion, sur fond de montagne en carton peint et voit deux renards roux découvrir la neige alors qu’un homme rode. L’ombre du chasseur, dessinée par dessus, à la manière d’une fumée menaçante, est du plus bel effet. Un récit sur la solidarité face au danger.
Enfin les deux autres courts métrages, présentés en premier et deuxième, s’ils sont un peu moins convaincants, n’en sont pas moins séduisants. "L’Escargote à Paris" (Alexei Mironov et Yulia Matrosova, Russie, 4 mn, 2014) propose une virée dans la capitale, accompagnée d’une voix-off masculine, et est composé d’aplats de couleurs, ponctuellement brossés ou repris à l’éponge. Il a le mérite de donner l’envie de voyager, en égrainant sur fond d’accordéon, les classiques de l’image d’Epinal parisienne : cafés, peintres, expositions, mode… et trottinettes ! Enfin "Sevanik, le Petit dragon" (Harutyun Tumaghyan, Arménie, 7 mn, 2023), aux traits façon grafs et aplats de couleurs, est un récit sur l’amitié comme remède à la crainte de l’autre. L’idée d’avoir accompagné le petit dragon d’un nuage amical, qui le pousse dans ses découvertes, est plutôt charmante. Alors si vous ou vos enfants apprécient la variété de rendus graphiques, et avez envie d’évasion, ce programme est fait pour vous comme pour eux !
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
