EL TREN FLUVIAL
L'envie d'émancipation et la tentation de l’exode rural
Synopsis du film
Milo, 9 ans, s’entraîne dur pour participer à des concours de Malambo, sorte de danse argentine où chacun fait claquer ses bottes dans une chorégraphie rodée. Décidé à prendre le train qui l’emmène à la ville, il va se retrouver à passer un casting pour des enfants de 12 ans, mentant donc sur son âge…
Critique du film EL TREN FLUVIAL
Premier long métrage argentin, "El Tren Fluvial" était présenté dans la section Perspectives du dernier festival de Berlin. Doté d’une intrigue relativement minimale, il s’intéresse avant tout à l’imaginaire que charrie la ville auprès d'un jeune homme, Milo, 9 ans, prenant le train pour quelques 120 kilomètres afin de s’éloigner de sa famille, alors endormie. Une séquence qui suggère d'ailleurs la possibilité que toute l'histoire ne soit qu'un rêve, fantasme du garçon, coincé dans des obligations qui l'étouffent. Après une introduction présentant le talent de Milo, 9 ans, pour le Malambo, dans un costume traditionnel (bottes, chapeau et tenue noirs, foulard blanc), c’est symboliquement l’ombre de l’échec qui est mise en avant, à partir d’un unique plan, montrant le visage de son père en reflet sur la vitre d’une voiture et le visage de Milo penché vers le bas, comme honteux. S’ensuivent un autre entraînement avant d’aller dormir, et après un générique qui suit la voie ferrée depuis l’avant du train (l'images passant du sépia jusqu’à la couleur, comme pour signifier un possible changement de vie sur le chemin), un repas où Milo commence à se rebeller, en refusant de manger.
Bardé de diverses ellipses ou éléments symboliques (un ballon qui ne retombe pas, un singe tambour qui accélère…), le voyage arrive, plongeant le garçon dans la ville, auprès de personnages peu loquaces et prêts à profiter de lui (un gars dans la même chambre d’hôtel qui s’improvise son agent, les autres garçons du casting…). Portrait d’un garçon parti trop vite (tout au moins dans sa tête) et potentiellement prêt au retour, malmené par un milieu qu’il ne connaît pas et finalement connecté à ses proches, "El Tren Fluvial" nous égare quelque peu dans ses intentions, tout en posant l’exode comme une potentielle illusion. On ressort de là avec plus de questions que de réponses, séduit par le jeune interprète, Milo Barria, mais pas bouleversé par ses regrets.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
