EL MENSAJE

Un film de Ivan Fund

Mon petit commerce

Synopsis du film

Un homme frappe à la porte d’un van, une tortue à la main, et demande les services d’Anika. Une femme lui demande alors 12 000 pesos. Le don d’Anika peut alors opérer…

Critique du film EL MENSAJE

Rapidement, après un passage dans un cimetière pour animaux, devant lequel Anika se fait prendre en photo, on commence à saisir la dimension marketing qui entoure la jeune fille et son supposé don de connexion avec les animaux. Myriam éclaire le principe des visions de la jeune fille (en noir et blanc, ou sépia, ou parfois en couleurs, soit tous les cas envisageables...) et se charge de répondre à un reportage d'une télé locale, expliquant qu’il existe aussi un service « online », basé sur l’envoi d’une photo de l’animal. Anika, elle, reste en retrait, nous donnant juste à voir un exemple de ses talents, avec un chat qui fait la tête, l’interprétation étant qu’il espionne et est en fait dérangé par l’adultère du mari de la femme qui a montré l'animal. L’homme qui conduit, Roger, n’est pas plus bavard et s’occupe avant tout des règlements de la prestation. Tout cela sent l’arnaque à plein nez, d’autres détails venant semer le doute, comme les rendez-vous prioritaires quand l’animal est mourant ou encore l’invention par Myriam d’un message absurde autour d’un animal aveugle, sans passer par l’intermédiaire d’Anika.

Entretenant initialement le mystère sur ce qui unit ce couple à Anika, Iván Fund choisit le noir et blanc pour souligner le caractère irréel de la situation de celle-ci, clairement exploitée mais pas forcément maltraitée. Désamorçant ainsi la piste d’un potentiel thriller, il peut laisser sa caméra explorer les rouages de l’escroquerie, interrogeant la foi, et accompagnant cette sorte de rêverie par de beaux morceaux à la trompette. Nous extirpant de cette sorte de torpeur dans laquelle vit finalement la jeune fille, par le rythme de "Always on my mind" de Pet Shop Boys, comme si tout cela n’était qu’une parenthèse un peu glauque dans la vie d’Anika, attendant un événement que l’on taira, "El Mensaje" (Prix du jury au Festival de Berlin) nous entraîne dans des décors désertiques, en marge de ce que pourrait être la vie, de gare de triage à moitié désaffectée en station service perdue au milieu de nulle part, en passant par une irréelle fête foraine. Petit conte cruel, qui souligne dans une jolie parabole que les contes de fées n’existent pas, "El Mensaje" reste cependant un exercice de style à l’ambiance étrange aussi plaisante que ses intentions restent floues.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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