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EASTERN PLAYS

Génération désenchantée

Deux frères, Christo et Georgi, errent dans la capitale Bulgare, sans but ni espoir. Portrait d'une jeunesse désabusée, perdue, qui ne sait à quel saint se vouer...

Pour ce premier film, Kamen Kalev choisit de tirer le portrait de la jeunesse actuelle de Sofia. Malgré l'entrée du pays dans l'Union européenne il y a 2 ans (2007), le style de vie des bulgares n'a pas l'air d'avoir réellement changé. Les tensions politiques et la mafia règnent encore dans les rues de Sofia. Les politiques paient des gangs anarchistes pour semer le trouble, et les crimes racistes font rage, ne faisant aucune discrimination entre les nationalités : kosovar, turcs, en passant par les gitans, qui sont expulsés de la ville et parqués en dehors des murs. C'est la loi du plus fort qui régente les vies de tous.

Pour illustrer ce mal-être ambiant, le réalisateur choisit de montrer le destin de 2 frères que tout oppose. L'un choisissant la voix de la violence en intégrant un groupe néo-nazi, et passant son temps à jouer à des jeux vidéos violent, sûrement pour exulter sa rage. L'autre, artiste, ex-héroïnomane, se laissant porter par une existence sans désir ni envie, sombrant dans l'alcoolisme, et aimant séduire mais ne s'attachant à personne.

Ces 2 portraits nous sont présentés de manière sobre, sans jugement. Kalev propose deux manières différentes de réagir face à un pays qui les oublient. Loin de vouloir porter un jugement sur le comportement que chacun de ses personnages adopte, ni de faire de propagande quant à une situation de son pays, on suppose qu'il a eu envie de montrer un monde qu'il a pu fréquenter, ou toucher du doigt, pour donner à d'autres l'opportunité de regarder son pays d'un autre oeil.

Kalev n'échappe pas à certaines maladresses pour ce premier long métrage, notamment on ne comprend le lien entre les 2 protagonistes qu'à mi-parcours, alors que ce parallèle et ces différences entre les 2 personnages sont fondamenales pour comprendre la comparaison qu'il souhaite faire. Aussi, on ne comprend pas l'intérêt de voir à plusieurs reprises la petite amie d'Itso venir frapper à sa porte et pleurer toutes les larmes de son corps pour ce grand escogriffe tatoué...

« Eastern plays » reste un portrait d'un pays à travers deux jeunes hommes paumés, pays qui, malgré son appartenance à la grande famille qu'est l'Europe, est encore étranger, et où les rêves et espoirs finissent en désillusion.

Véronique LopesEnvoyer un message au rédacteur

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