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LA DUNE

Un film de Yossi Aviram

Joli, mais un brin engourdi

Hanoch habite à Israël et apprend que sa compagne Yaël est enceinte, mais il ne veut pas être père. Ce refus conduit à un avortement et une rupture. Désormais sans attache, il décide de partir à Paris où curieusement, il observe de loin la vie des hommes mûrs partageant le même appartement. L’un se nomme Paolo et est retraité, l’autre Ruben, un policier qui est sur le point de quitter la brigade des recherches de personnes disparues…

Yossi Aviram s’inspire, pour son premier long-métrage de fiction, d’un couple d’homosexuels qu’il avait suivi pour le documentaire "Deux vieux garçons" qu’il avait réalisé en 2009. Le film leur est d’ailleurs dédié. Porté à l’écran, cela donne Guy Marchand (parfait en contre-emploi) et Niels Arestrup (toujours très juste) en vieux couple attachant. Il faut dire que le réalisateur israélien se dégotte une belle brochette d’acteurs pour cette histoire qui semble au départ se chercher.

En effet, Yossi Aviram nous déploie une longue introduction qui se passe à Jérusalem pour nous présenter le personnage d’Hanoch, un quarantenaire venant de rompre avec sa compagne plus jeune désespérée d’apprendre que celui-ci refuse d’être père. Puis, sans transition aucune, nous voilà en train de suivre Ruben, un flic dans sa jeune soixantaine spécialisé dans la recherche de personnes disparues. La dernière personne qu’il a retrouvée se suicide peu après avoir été débusquée. Ça ne va pas fort en ce moment pour Ruben qui vit en couple avec un retraité, un amour de longue date pressé de voir son compagnon libéré de toutes contraintes professionnelles. Rien que cette exposition prends quasiment la moitié du film. On peut dire que c’est long (voire lent) mais à l’issue du film, il s’avère que cette partie crée une proximité avec les personnages aidant à l’implication émotionnelle à ce récit parfois très prévisible et un brin téléphoné (Ruben se voyant attribuer l’enquête sur le mystérieux sans-papier Hanoch à cinq cent kilomètres de là alors qu’il annonce un départ en retraite anticipé est dur à avaler).

Malgré tout, un certain charme se dégage de l’ensemble. L’œuvre a beau être lente contemplative et discrète, ce sont en partie ces défauts qui en font aussi ses principales qualités. Les paysages de Gironde et cette magnifique Dune du Pilat confèrent une atmosphère particulière. Les silences entre les personnages en disent souvent plus long que les erratiques dialogues du film et surtout l’interprétation de l’ensemble du casting est finalement le liant le plus solide du film.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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