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DU PLOMB DANS LA TÊTE

Un film de Walter Hill

Old school

À La Nouvelle-Orléans, James « Jimmy Bobo » Bonomo, un tueur à gages sur le déclin, aide un officier de police du NYPD à retrouver le meurtrier de leurs collègues respectifs…

Alors que son collègue Arnold s’en va jouer les shérifs au rabais dans le très mauvais "Le Dernier rempart" du Coréen Kim Jee-woon, Sylvester Stallone préfère s’assurer les services d’un vieux briscard de la série B la plus noble qui soit, le talentueux Walter Hill. Artisan efficace ayant livré quelques fleurons du cinéma qui débourre ("Sans retour", "Extrême Préjudice" ou le westernien "Dernier recours", avec Bruce Willis), Hill ne pouvait être plus à l’aise sur ce projet à la saveur 80’s toute particulière. Car même s’il est loin de la réussite de ses meilleurs films (dont le cultissime "Les Guerriers de la nuit"), le cinéaste emballe son film avec la jubilation d’un vieux de la vieille à qui on ne la fait pas, loin de la frénésie du cinéma d’action actuel. Musique à la Ry Cooder, photographie aux néons, scènes d’action sèches et bourrines… C’est bien tout un arsenal du cinoche « à l’ancienne » qui défile sur l’écran.

Mais bon, nous n’allons pas nous mentir, "Du plomb dans la tête" (adaptation d’un roman graphique français) n’a rien d’un grand film, ni même d’une excellente série B. Dans un rôle pourtant peu exigeant, Stallone se contente du strict minimum, loin des interprétations intenses livrées dans ses récentes réalisations, "Rocky Balboa" ou "John Rambo". Tout juste amuse-t-il lors des joutes verbales avec son partenaire Sung Kang (les trois derniers "Fast and Furious"), rappelant que Walter Hill fut un as du buddy movie ("48 heures" et sa suite)… Non, s’il fallait chercher d’où vient le plaisir régressif éprouvé à la vision de ce film totalement anachronique, il faudrait regarder du côté des seconds rôles. Et en particulier vers l’excellent Jason Momoa (le Kal Drogo de la première saison de "Game of Thrones"), finalement le seul à y croire vraiment. Dans un rôle de mercenaire puissant au code d’honneur suranné, celui qui fut le sublime Conan d’un film effroyablement mauvais parvient à imposer en quelques plans son charisme félin et sa silhouette massive. Ne serait-ce que pour lui, pour le combat à la hache l’opposant à Stallone ou pour le plaisir de revoir Christian Slater, "Du plomb dans la tête" mérite le visionnage. Ou pas.

Frederic WullschlegerEnvoyer un message au rédacteur

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