DREAMS

Un film de Michel Franco

Cauchemar de migrant et hypocrisie bourgeoise

Synopsis du film

Jennifer, Américaine d’une famille aisée qui travaille dans la compagnie de son père Michael, avec son frère Jake, voit débarquer chez elle par surprise Fernando, un danseur mexicain, qui savait où était cachées les clés de sa demeure. S’occupant des questions philanthropiques de la boite, elle avait en effet piloté la création d’une académie au Mexique et était devenu amant avec ce danseur. Mais l’irruption de Fernando dans sa vie bien lisse va provoquer quelques remous…

Critique du film DREAMS

L’ouverture de "Dreams", nouveau film de Michel Franco, réalisateur mexicain ("Despuès de Lucia", "Daniel et Ana"), dont c’est le troisième long en langue anglaise après les troublants "Sundown" et "Memory", est particulièrement marquante. De nuit, la caméra s’approche lentement d’un camion garé au bord d’une route, celui-ci commençant à trembler, pour laisser ensuite entendre des cris d’appel à l’aide venant de l’intérieur. Mais l’auteur évacue assez rapidement les événements liés à la traversée de la frontière et la manière dont Fernando, danseur, a pu rejoindre la maison de sa maîtresse, une riche américaine s’occupant de la partie philanthropie de la compagnie de son père, vivant à San Francisco. Il passe ainsi à son véritable sujet : l’imperméabilité de la société blanche américaine aux étrangers et les arrangements avec une frontière parfois bien pratique.

Face à Isaac Hernández, qui joue un Fernando peut-être pas assez ambigu, c’est Jessica Chastain qui interprète Jennifer, dans ses atermoiements concernant cette relation : tentée de la cacher de sa famille, elle a cependant du mal à s’éloigner de son amant, mais s’était habituée à une vie finalement compartimentée et donc pratique. Dans cette seconde réalité, qu’elle s’était construite, grâce à la frontière et ses voyages au Mexique, elle pouvait isoler une partie de sa vie, sans s’engager. Habitué des compétitions des grands festivals internationaux ("Dreams" était en compétition au Festival de Berlin 2025), Michel Franco va se concentrer sur l’effet d’attraction-répulsion (de part et d’autre) que génère la situation de l’amant aux USA, où Fernando n’a droit ni à la considération de sa famille, ni à un accomplissement à la hauteur de son talent. En inversant plusieurs fois les positions dominantes, comme il avait pu le faire dans le percutant "Nuevo Orden" (encore inédit en France), il accouche d’un film à la portée politique indéniable, centré l’immigration, l’égalité des chances, et le poids du milieu social.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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