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DOWN THE ARM OF GOD

Un film de Peter Brunner

Caleb Landry Jones saisissant en pasteur ulcéré par les limites de la solidarité

Synopsis du film

Nick, un jeune pasteur, arrive dans une bourgade texane et est accueilli par une petite délégation devant ce qui sera son église. Alors qu’il donne son premier sermon, il découvre aussi la ville et à proximité, dans un bois, un camp de sans-abris. Persuasif, il convainc une partie de la communauté d’organiser une soupe populaire, chacun pouvant contribuer au ravitaillement ou au service. Mais lors d’une tempête, les tentes et abris de fortune des SDF se retrouvent fortement abîmés, l’obligeant à demander aux fidèles si un un abri temporaire ne pourrait pas être organisé…

Critique du film DOWN THE ARM OF GOD

"Down The arm of God" démarre comme l’un de ces nombreux films indépendants américains qui passent par Sundance ou Toronto chaque année ("Nomadland", "Sur la route d’Omaha", "Rebuilding"...) en plaçant son personnage dans ces paysages de plaines désertiques, balayées par le vent. Même si ici le cadre du Texas est spécifique, avec un village aux maisons clairsemées et aux routes de terre, où la poussière est bien vite soulevée, le contexte et l'isolement semblent similaires. Décrivant d’abord les a priori (une femme est désignée comme une voleuse potentielle par un commerçant…), les tensions entre habitants et SDF (la première visite au camp, où le pasteur est considéré comme suspect…), le scénario de Peter Brunner et Caleb Landry Jones va peu à peu s’engouffrer dans cette notion de défiance entre deux groupes, le pasteur tentant de faire le lien et de trouver une solution pour l’hiver aux SDF.

Et le film de se transformer en un semi-thriller, alors qu’après un temps de solidarité la tension monte et certains esprits se referment, entraînant un replis de certains membres de la communauté sur eux-mêmes. Si la parabole sur l’Amérique d’aujourd’hui dans son attitude vis-à-vis de migrants économiques est évidente, le film a le mérite de bien montrer les mécanismes qui mènent à passer de la violence sociale à une véritable violence physique, stigmatisant au passage les bonnes volontés; Âpre sur le fond, aride par les paysages eux-mêmes, "Down The arm of God" n’évite pas certains écueils, par le parallèle pas forcément utile fait entre les préoccupations du pasteur et sa relation manquée avec son père, lui-même SDF. Mais il parvient tout de même à placer quelques vérités concernant ces derniers et leur volonté de s’en sortir, livrant au final un drame social plutôt efficace.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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