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THE DOOR

Un film de Johannes Roberts

Une porte bien vite refermée

Après s’être installés en Inde pour vivre une vie de rêve à l’autre bout du monde, Michael et sa femme Maria ont étésont victimes d’une terrible tragédie. Leur fils ainé, Oliver, est mortmeurt dans un accident de voiture. Hantée par la culpabilité, Maria est prête à tout pour faire un dernier adieu à son fils et pour s’excuser de n’avoir pu le sauver ? Malheureusement pour elle, laisser les morts revenir dans le monde des vivants n’est pas sans conséquence…

Johannes Roberts est un réalisateur quasiment inconnu du grand public en France. Et pour cause, la majorité de ses films sont inédits dans l'hexagone. Mais Monsieur Alexandre Aja étant à la production, le dernier long-métrage du réalisateur britannique a tout de même piqué la curiosité des fans de sang et de fantômes. Malheureusement, Roberts est loin d'avoir le talent de son prestigieux producteur. Le film qu'il nous propose est bien souvent classique et convenu, poussant le spectateur à regarder plusieurs fois sa montre durant l'heure et demi que dure la projection.

Certes le cinéma d'horreur est un genre très codifié qu'il peut être difficile de renouveler, mais c'est justement cette capacité à surprendre qui fait un bon film d'horreur. Mais Sauf que "The Door", est construit sur de grossiers clichés du cinéma horrifique, ce qui le rend très convenu et, par là même, quelque peu ennuyeux. Le fantôme du jeune Oliver est capable de déplacer des objets, de verrouiller des portes ou encore d'éteindre ou d'allumer les lumières. Bref, le parfait petit esprit frappeur. La quête de Maria pour retrouver son fils est également un thème vu et revu dans le cinéma d'horreur. "Poltergeist", ou plus récemment "Insidious" et "Sinister" ont fait de cette thématique le principal moteur de leur scénario. La rupture de la frontière entre le monde des morts et celui des vivants parachève cette impression de déjà-vu, et faisant de "The Door" une espèce de film d'horreur type. Et pour cause, en 11 onze ans de carrière, Johannes Roberts n'a jamais rien fait d'autre que des films d'horreur. De "Hellbreeder" à "The Door", sept long-métrages, un seul et unique genre. Pas étonnant que le scénario et la réalisation manque de fraîcheur et d'innovation.

Pourtant, le film avait un atout dans sa manche : l'ésotérisme exotique de son cadre. Car la culture indienne et les cultes hindous sont souvent mal connus en occident. Pourquoi alors s'en tenir à une pauvre histoire de temple maudit et de porte entre le monde des morts et des vivants, car là encore, le sujet a été traité des dizaines voire des centaines de fois. On aurait voulu en savoir plus sur ces étranges personnages vivant sur les sites de crémation afin de se recouvrir des cendres des morts et même, de dévorer la chaire des défunts dans le but de communiquer avec l'au-delà. Voilà quelque chose d'original qui aurait mérité que Roberts y consacre plus qu'une ligne de dialogue.

Dans la colonne "points positifs", on relèvera les décors, la lumière et le cadrage. Il faut bien le reconnaître, le film est une vraie réussite sur le plan visuel. En même temps, c'est un strict minimum lorsqu'on est assisté par Maxime Alexandre, le directeur de la photo d'Alex Aja. Mais la mise en scène ne se limite pas à de belles images. Créer de la tension et de l'angoisse nécessite un vrai savoir-faire. La première partie du film étant rythmé par des jump scare plus agaçants qu'autre chose, on est en droit de se demander comment quelqu'un qui a déjà sept films d'horreur à son actif peut s'abaisser à faire sursauter son public avec une porte qui claque. Bref, sans être un ratage total, "The Door" tombe dans bien trop d'écueils pour mériter que l'on s'y attarde…

Adrien VerotEnvoyer un message au rédacteur

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