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DONOR

Un film de Mark Reilly

Triste et un rien misérabiliste

Lizette vivote en vendant des DVD piratés dans les rues de Manille, aux Philippines. Secrètement, elle rêve de gagner suffisamment d’argent pour quitter son petit ami fainéant et refaire sa vie à Dubaï, qu’elle considère comme un paradis. Mais les contrôles de police de plus en plus fréquents la contraignent à abandonner son activité. Elle se tourne alors vers un autre business plus lucratif et tout aussi illégal : le trafic d’organe.

Le trafic d’organe est un fléau qui frappe lourdement les Philippines. En plaçant cette donnée au cœur de son intrigue, Mark Reilly montre le désarroi d’une population qui survit plus qu’elle ne vit, et d’une jeunesse obnubilée par l’exil. « Donor », littéralement « donneur », est donc le témoignage d’une société laissant peu de place à l’espoir.

La bonne idée du film est d’avoir fait porter cette sordide histoire par une jeune actrice charmante et pétillante, au verbe franc, qui apporte un peu de fraicheur à l’ensemble. Pourtant, et c’est étonnant, il ne parvient pas à éviter le misérabilisme que le sujet appelle. En effet, la jeune héroïne perd progressivement de sa superbe et finit pas traîner ses savates, portant sur ses frêles épaules le lourd malaise de son pays.

Le dernier quart d’heure sent le malheur à plein nez. La réalité est ce qu’elle est, mais le film manque de retenue et cède à la facilité. Résultat : on en ressort peiné, mais pas ému.

Sylvia GrandgirardEnvoyer un message au rédacteur

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