DON'T LEAVE THE KIDS ALONE
Projet X version bambin
Synopsis du film
Catalina est une mère de famille qui élève ses enfants seule suite à la mort brutale de leur père dans un accident. Un soir, alors que la baby-sitter lui fait faux bon, elle décide de laisser ses deux fils âgés de 7 et 10 ans seuls à la maison. Si dors et déjà laisser le champ libre à deux terreurs n’est pas forcément conseillé, quand un esprit maléfique s’en mêle, la soirée prend une toute autre tournure…
Critique du film DON'T LEAVE THE KIDS ALONE
Le réalisateur mexicain Emilio Portes n’en est pas à son coup d’essai : "Don’t Leave the Kids Alone" est son sixième long métrage et en cette 33ème édition du Festival de Gérardmer, celui-ci fait partie des films en compétition. Au départ, ce qui nous peut rebuter étaient les prémisses de l’histoire qui semblait s’installer sur des bases archi classiques. Mais c’était sous estimer le cinéaste et la proposition qui allait suivre, imparfaite certes, mais qui vaut le coup d'œil. La force du long métrage est de se concentrer sur la relation entre ces deux frères, brillamment interprétés par leurs très jeunes acteurs, et leur rivalité. L’un est considéré comme chétif et fragile (sous traitement pour trouble de l’attention) mais surtout comme le « préféré » de leur mère, alors que le second s’amuse à tester les limites, gonfle son égo pour cacher ses peurs et rabaisse son petit frère à longueur de temps.
Leur relation constitue le meilleur du film avec des montées en tensions jouant avec nos attentes concernant la dégradation progressive de leur lien. Entre coups de fléchettes et coups de cutter manqués, le film s’amuse à nous faire peur avec ces petites choses qui nous terrifient : une dispute qui tourne mal. Et quand on a 10 ans, on ne se rend pas tout le temps compte de la gravité des actes. Hélas les situations ont tendance à se répéter sur la première partie du film, plombée par un montage amateur où accélérations et ralentis saupoudrés de musiques pop sont les seuls outils que le cinéaste a trouvé pour nous montrer la prise de domination des garçons sur leur environnement. De plus, même s'il s’amuse à nous placer quelques fusils de Tchekhov (notamment avec le chien dans le jardin), il n’en joue pas assez pour exploiter son haut potentiel.
La dernière partie du film, hélas, tente un revirement vers le fantastique inutile et superficiel qu’il aurait mieux valu laisser au placard avec les autres entités dépassées. S'il s’était concentré sur sa vraie force (les deux frères) et avait laissé monter les choses jusqu’à l’impensable (chose que le film ne fait qu’à moitié finalement, malgré sa fin amère), le long métrage aurait eu droit à plus de louanges. L’intrigue parallèle avec la mère ne fait qu’alourdir le rythme et enfonce des portes ouvertes assez caricaturales. Notons aussi une qualité technique parfois franchement inventive, mais souvent aux fraises tant les cadres sont approximatifs et le montage parfois beaucoup trop haché. Le moment n’était pas désagréable, mais on a la sensation que l’idée était peut-être plus faite pour un format plus court.
Germain BrévotEnvoyer un message au rédacteur
