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DIGGER

Une satire en demi-teinte, portée par un Tom Cruise habité et des décors somptueusement composés

Synopsis du film

Digger Rockwell est un magna du pétrole vieillissant, qui partage sa couche avec sa chatte Maggie, à l’agonie, et ne raisonne qu’en nombre de barrils extraits. Lorsque des scientifiques d’une base située en Alaska l’avertissent de l’augmentation de la taille d’une crevasse, qui pourrait mettre en danger l’une de ses plateformes, il met la pression sur ses équipes pour effacer le problème et revoir les conclusions. Mais bientôt, une explosion a lieu, provoquant le détachement d’un énorme morceau de glacier, qui se met à dériver à grande vitesse vers le nord de l’Europe. Digger va alors devoir impliquer le président des États-Unis, face à la menace d’une collision catastrophique à venir…

Critique du film DIGGER

Le titre lui-même, c'est à dire le prénom de l'anti-héros, "Digger" (« le creuseur ») annonçait en soi le caractère satirique du film. Et c'est bien face à cela, une satire aux dimensions titanesques, que va se retrouver le spectateur du nouveau et très attendu long métrage de Alejandro González Iñárritu ("Babel", "21 Grammes", "Birdman", "The Revenant"...). Si le film a le mérite de tourner en ridicule les prétendus puissants de ce monde, tâchant de faire se plier la nature face à leurs bon vouloir, épinglant leur égoïsme, leur mépris du peuple, leur négation de la science et de toute preuve qui ne va pas dans leur sens, comme leur sens de la communication environnementalement négationniste, l'ensemble s'avère au final assez inégal en termes de drôlerie, devenant ponctuellement indigeste, par le brouhaha généré par tant de personnages aux égos et à l'inconséquence démesurée.

Bien entendu on rit jaune face aux diatribes d'un Tom Cruise absolument sidérant (un potentiel Oscar du meilleur acteur en vu, même si le film ne marchait pas autant que prévu...) comme rarement, même dans des tenues improbables (les bottes avec le pyjama en satin...), ou aux solutions proposées par les militaires, et les malheurs de ceux-ci (le déclin d'une chatte qui préférerait mourir, la maladie mal placée du président...) ne font que nourrir notre propre mépris envers ces gens (dont on voit bien les références dans ces temps présents... Trump en tête) qui nous mènent collectivement droit dans le mur. Si le flot de dialogues finit par lasser, on sera cependant bluffé par la direction artistique et les impressionnants plan séquences (celui dans une assemblée d'européen provoque l'effet d'usure escompté...), utilisant des couleurs éteintes et évoquant des tableaux, à la manière d'un film de Roy Anderson. La mise en abyme offerte soudainement, en déroutera peut-être certains, mais elle a le mérite d'amender le film vers une conclusion des plus claires en termes de message apocalyptique.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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