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DIDINE

Un film de Vincent Dietschy

Divine Didine : Une sucrerie lyonnaise

La vie d'Alexandrine (Géraldine Pailhas) dite Didine est plûtot mouvementée. Femme solitaire et détachée, elle est tout le contraire de son amie Muriel (Julie Ferrier), qui elle ne peut se remettre de sa rupture avec François (Benjamin Biolay). Après une suite de hasards tels que la vie nous en réserve parfois, elle intègre une association d'aide aux personnes âgées qui va lui permettre de faire d'attendrissantes rencontres (Edith Scob...) et de trouver l'amour (en la personne de Christopher Thompson) qui lui fera, enfin, oublier sa passivité...

On a découvert Vincent Dietschy en 1998 avec "Julie est Amoureuse". Il co-écrit ici (avec Anne Le Ny) son second long-métrage qui raconte la vie d'une trentenaire du 20éme siècle avec beaucoup de tendresse. Plus profonde qu'il n'y paraît cette comédie tend vers une réflexion sur la vieillesse et la mort tout en parcimonie, qui ne laisse nullement de glace. Car Vincent Dietschy sait choisir les mots qu'il faut, délivrant un film léger et divertissant qui fait passer un agréable moment.

Cette jolie comédie romantique doit beaucoup à ses acteurs, avec une Géraldine Pailhas en tête d'affiche dont le jeu est simple, franc et direct. On mentionnera également les débuts du célèbre chanteur Benjamin Biolay en trentenaire rock'n roll et l'excellente Edith Scob en grand-mère cynique et décalée. Le film, malgré des débuts hésitants, devient au fil de l'intrigue , une histoire qui tient au coeur, dégageant une subtilité sucrée et délicate bien que le réalisateur s'appuie sur une mise en scène somme toute classique.

La bande-originale ne marque pas les esprits mais sait accompagner le film tout en finesse. On notera enfin que le film a été réalisé en collaboration avec la région Rhône-Alpes et tourné à Lyon. Et même si les particularités de notre belle ville se font discrètes à l'écran, c'est avec plaisir qu'on s'amuse à retrouver des lieux tels que le Parc de la Tête d'Or, la place Bellecour, les pentes de la Croix-Rousse ou l'évocation des douceurs du chocolatier Bernachon. Le métier de Didine (dessinatrice textile) est d'ailleurs proche de la peinture sur soie, une spécialité lyonnaise...

Le film alterne des moments délicieusement drôles comme la scène mouvementée de la pelle, et des passages plus graves qui permettent aux spectateurs de passer du rire à l'émotion en l’espace d’une séquence. Au final un long-métrage intelligent, lumineux, qui sait éviter les excès, une histoire sensible et inspirée, des personnages ordinaires mais touchants qui font de ce film une très bonne comédie, parmi celles qu'il faut voir en bon lyonnais qui se respecte.

Nachon Sophie
Khelil Sofia

Lycée Saint-ExupéryEnvoyer un message au rédacteur

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