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DIDI

Un film de Sean Wang

Skate, Love & Cinema !

Synopsis du film

Chris, surnommé Dìdi, a 13 ans, l’âge ingrat où on se rêve déjà en adulte mais dont la réalité est encore souvent celle d’un enfant. Entre les traditions familiales, ses rêves de liberté, ses anciens amis et ses nouvelles fréquentations, cet été sera pour lui celui de toutes les expérimentations…

Critique du film DIDI

Il a existé une époque pas si lointaine où l’on partageait ses coups de cœur sur MySpace, où l’on chattait sur des interfaces peu ergonomiques, et où l’on s’envoyait des wizz sur MSN lorsque notre interlocuteur mettait trop de temps à répondre. C’était les années 2000. Et pour ceux qui sont en plein dans la nostalgie des baggy trop larges et des jean taille basse, "Dìdi" est fait pour vous. Digne héritier du génial "90’s" de Jonah Hill, le film nous plonge aussi dans cette culture skate à hauteur d’adolescent. Si l’ombre de Spike Jonze plane sur les deux métrages, il sera ici bien moins question de rider le bitume que d’évoquer une relation bouleversante entre une mère et un fils dont la crise d’identité complique le dialogue.

Car Chris a 13 ans, alors forcément, pour lui, c’est déjà un homme, un vrai. Il veut conquérir l’univers, côtoyer les plus grands quitte à rogner sa propre personnalité, embrasser enfin une fille, voire plus. Il ne veut plus être le petit gamin d’origine asiatique que personne ne regarde. Il a toujours observé son monde à travers l’objectif de sa caméra. Durant cet été, il ne veut plus être spectateur, il sera enfin validé par tous ces garçons qu’il admirait de loin. Coming of age story dans la plus pure tradition, le premier long de Sean Wang, en grande partie autobiographique, est avant tout une sublime exploration des émois juvéniles, de la crainte du rejet aux tourments amicaux et sentimentaux.

Mais chez le protagoniste, toutes ces émotions prennent un double sens, lui le bambin issu d’une autre culture, où l’on parle mandarin à domicile et où le respect de son héritage familial est une valeur refuge. Dans cette cellule domestique où les femmes sont omniprésentes (une sœur sur le départ pour l’université, une mère dans l’incompréhension et une grand-mère forcément en décalage), Dìdi aka Wang Wang aka Chris cherche sa place aussi bien à l’intérieur de la maison que dans les rues de cette banlieue californienne. Plus proche finalement d’un "Ladybird" sur le fond, le film devient une bouleversante lettre d’amour à un foyer aimant, où l’on crie parfois trop pour se dire je t’aime et où l’on dit des horreurs pour exprimer le contraire.

Multirécompensé en festivals (notamment à Sundance), cette comédie dramatique de Sean Wang est incontestablement l’une des pépites de l’été, une de ces œuvres qui font du bien, parce qu’elles invitent aussi bien au rire qu’à une sensibilité jamais feinte. Poésie de l’ordinaire emplie de mélancolie, "Dìdi" est un grand récit initiatique sur l’adolescence, porté par la tendresse du regard de son auteur, capturant sa chronique sans artifice ou surenchère mielleuse. Un modèle du genre, à ne surtout pas rater !

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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