DIAMANTI
Hommages aux femmes diamants
Synopsis du film
Dans l’Italie des années 70, Alberta dirige d’une main ferme un atelier de couture qui confectionne des costumes pour le théâtre et le cinéma. Tous les jours elle doit composer avec les exigences d’un cinéaste oscarisé qui ne lâche rien sur sa vision artistique et les problèmes de ses ouvrières, dont les hommes sont souvent la cause…
Critique du film DIAMANTI
Des nombreux films réalisés par le cinéaste italien d’origine turque Ferzan Özpetek, peu ont réussi à franchir les Alpes. L’avant dernier en date, "Pour toujours", est bel et bien sorti dans nos salles, tandis que le dernier "Nuovo olimpo" a été diffusé sur Netflix. Mais le public français n’aura pas eu l’occasion de découvrir "Napoli velata" ou "Un giorno perfetto". "Diamanti" aurait bien pu connaître le même sort s’il n’avait été un immense succès sur son sol, ce qui décida les distributeurs français à lui accordé une sortie sur le tard, un peu plus d’un an après que le public italien l’ait acclamé.
Ferzan Özpetek se met lui-même en scène dans l’ouverture, annonçant à ses actrices qu’il leur propose un rôle dans sa prochaine production qui fera la part belle aux personnages féminins. Une mise en abyme dont on peine à voir l’utilité et qui viendra régulièrement casser le rythme de l’action. D’autant que le spectateur aurait pu comprendre tout seul les intentions qui se cachent derrière ce métrage, tant elles sont évidentes. Le cinéaste italien nous plonge dans l’univers éminemment féminin de la haute couture, où les quelques mâles qui sont autorisés à y pénétrer sont relégués aux rôles d’homme-objet. Qu’ils soient mannequins, manutentionnaires ou livreurs, ils sont la cible des remarques grivoises et des avances parfois lourdes des couturières, véritables maîtresses en leur royaume. Il semble d’ailleurs que les interprètes masculins aient été choisi d’abord en fonction de leur plastique, et ensuite pour leur talent d’acteur.
Un inversement des perspectives qui ne doit pas faire oublier que la situation dépeinte avec une pointe d’ironie est une heureuse exception. À l’extérieur, le patriarcat, qui peut marquer aussi bien les âmes que les corps, affirme encore sereinement son emprise sur la société italienne des années 70. Dans ce film choral, chacune se définit par son rapport avec les hommes, de la femme soumise à un mari violent à l’éternelle célibataire, en passant par la veuve pas éplorée le moins du monde. Le tout dans une intrigue à tiroirs qui sent un peu l’inventaire de la masculinité toxique. Quant à Alberta, magnifiquement campée par Luisa Ranieri (vu dans "La main de Dieu" et "Parthenope", tous deux signés Paolo Sorrentino), sa blessure est plus ancienne et enfouie sous un tas de non-dits. Mais elle explique sans doute la dureté avec laquelle elle dirige ses collaboratrices, ce qui lui donne des faux airs de Meryl Streep dans "Le diable s’habille en Prada". On l’aura compris, toutes ces femmes éprises de liberté et aux doigts d’or sont autant de diamants auxquels Ferzan Özpetek rend un hommage mérité.
Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur




