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THE DEVIL'S CANDY

Un film de Sean Byrne

Peinture, Diable et Rock’n Roll

Jesse Hellman est artiste peintre. Le jour où il emménage dans la maison de ses rêves avec sa femme Astrid et sa fille Zooey, il est bien loin d’imaginer que des forces démoniaques habitent le lieu. Elles envahissent peu à peu ses œuvres et sa vie, faisant peser une terrible menace sur sa famille…

C’est lors de l’édition 2016 du Festival Gérardmer que l’on a pu découvrir "The Devil’s Candy". Sélectionné en compétition aux côtés de films comme "Bone Tomahawk" ou "The Witch", on n’aurait pas forcément parié sur le long-métrage de l'australien Sean Byrne. Pourtant, "The Devil’s Candy" est reparti du festival avec deux prix ! Le prix du public tout d’abord, mais aussi le prix de la meilleure musique originale, on y reviendra.

Dès les premières minutes du film, on se rend compte d’une chose : Jesse Hellman, le personnage principal, interprété par Ethan Embry, est vraiment cool. Ses tatouages, son petit côté "métalleux", la bonne relation qu'il semble entretenir avec sa fille, etc. font que le personnage suscite immédiatement la sympathie, ainsi qu'une certaine fascination. En effet, son passé est largement laissé dans l'ombre ce qui lui donne un côté très mystérieux. Son apparence physique joue également beaucoup. Bref, il s'agit là d'un personnage très bien écrit. Mais c'est avant tout le jeu de l'acteur américain qui met le personnage de Jesse sur orbite.

Le côté artiste du personnage permet par ailleurs de mettre en avant la dimension mystique de l'art, un thème particulièrement intéressant. On peut aussi y voir un certain ésotérisme comme ce fut le cas dans le "Da Vinci Code" de Dan Brown. Mais ce qui ressort le plus ici, c'est la folie qui guette en permanence l'artiste. Une thématique qui n'est pas sans rappeler des films comme "Shining", "Amadeus", ou "Black Swan" mais aussi la vie d'artistes comme Vincent van Gogh.

Le film se démarque également par la qualité de ses images. La mise en scène n'est pas toujours très inventive mais elle retranscrit à merveille la transe dans laquelle se trouve le personnage au moment de peindre ses tableaux (ce qui est un élément absolument central de l'histoire). La scène finale est elle aussi particulièrement soignée. Entre les flammes et les gros riffs de guitare de la bande-originale, c'est un spectacle particulièrement jouissif, à mi-chemin entre un concert de Rammstein et la scène de combat entre Ra's al Ghul et Bruce Wayne dans le manoir enflammé de ce dernier. Nous vous parlions plus haut du prix de la meilleure musique originale qu'a reçu le film, et bien c'est précisément dans cette scène que la B.O a le plus d'importance. Elle crée une ambiance particulière qui donne une dimension unique à la séquence finale.

Au final, "The Devil’s Candy" est un film intelligent et agréable à regarder et c'est bien là l'essentiel. Mais Sean Byrne a aussi su faire preuve d'une grande créativité afin de nous proposer une esthétique attrayante et originale, même si elle n'a rien de révolutionnaire. Vous l'aurez compris, "The Devil’s Candy" restera comme l'un de nos coups de cœur de cette édition 2016 du Festival Gérardmer. Un film à voir…

Adrien VerotEnvoyer un message au rédacteur

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